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VIDÉO. Licenciée par son hôpital, une médecin raconte son histoire

VIDÉO. Licenciée par son hôpital, une médecin raconte son histoire

Après plus de deux ans comme médecin à l’hôpital d’Ain Touta dans la wilaya de Batna, le Dr Mekcem Cherifa se retrouve licenciée. Elle raconte son histoire et lance un appel aux autorités pour ouvrir une enquête sur son cas, afin de connaître la vérité sur son licenciement qu’elle juge abusif.

Elle était médecin au service des urgences de l’EPSP d’Ain Touta dans la wilaya de Batna depuis novembre 2018 avant d’être remerciée.

Aujourd’hui, elle lance un appel aux autorités et expose son cas dans une vidéo qu’elle a publiée sur les réseaux sociaux. La praticienne de 39 ans rappelle qu’elle a travaillé dans les services Covid durant les deux pics de l’épidémie qu’a connus l’Algérie en été et en automne.


« Au moment de la deuxième vague en décembre, raconte-t-elle, j’ai travaillé pendant 14 jours successifs. A la fin de cette période, je me suis astreinte à un confinement pour une autre quatorzaine », raconte-t-elle.

A son retour de sa quarantaine, elle apprend qu’elle a été démise de ses fonctions dès la première semaine de son confinement. La commission médicale à l’origine de son limogeage, d’après son témoignage, lui a expliqué que la période de son stage n’a pas été concluante.

« Cette affaire est grave »

Un justificatif qui laisse la praticienne interloquée, elle qui qualifie la sanction d’ « injuste ». « J’ai travaillé aux urgences pendant 200 heures par mois, dont huit gardes de nuit à raison de 16 heures pour chaque garde. J’ai par ailleurs travaillé dans le service Covid pendant les deux pics de l’épidémie et ce pendant 14 jours consécutifs. Comment se fait-il que mon stage soit non concluant ? Cela veut dire quoi ? », se demande la praticienne qui s’étonne d’un jugement pareil.

Non concluant voudrait-il dire manque d’application, se demande-t-elle ? « Si tel était le cas, comment se fait-il qu’un responsable à l’administration fasse appel à moi pour soigner son fils et son père ? Comment se fait-il que lui-même vienne se soigner chez moi ? », lance la praticienne qui interprète son limogeage d’abord comme un manque de reconnaissance. « Est-ce que c’est normal de remercier de cette façon un médecin qui a travaillé avec une telle intensité ? », s’interroge-t-elle.

La praticienne s’est orientée vers la direction de la santé locale pour demander des explications sur son licenciement. Sur place, elle apprend qu’elle fait l’objet d’une procédure disciplinaire.

« Comment est-ce possible, sachant que je n’ai jamais reçu la moindre sanction ? Que je ne suis jamais passée en conseil de discipline ? » se demande-t-elle, avant d’assurer qu’elle ne fait l’objet d’aucune sanction et qu’elle « n’(a) aucun problème ».

Le Dr Mekcem veut connaître la vérité sur son licenciement. « Si j’ai un dossier en discipline au niveau de l’administration, j’aimerais en prendre connaissance », souligne-t-elle, en appelant les « hautes autorités pour déclencher une enquête urgente sur son cas. »

« Cette affaire est grave. Elle ne me concerne pas moi seulement, mais aussi l’ensemble des collègues qui peuvent connaître le même sort que le mien », estime la praticienne.

« Nous sommes dans « l’Algérie nouvelle », et ces pratiques sont absolument inacceptables », s’indigne le Dr Mekcem qui interpelle le wali de Batna, mais aussi le médiateur de la République en passant par le ministre de la santé pour leur demander de protéger les médecins.

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