
Virtuose du piano, Yanis Taleb fait de plus en plus parler de lui, aussi bien sur la scène nationale qu’à l’international. Dans ses créations, ce jeune franco -algérien de 26 ans fait fusionner musique classique européenne et sonorités orientales.
Artiste autodidacte, il a déjà créé plusieurs œuvres originales dont la « Valse algérienne », a signé des musiques de films et a été lauréat, en 2024, du Prix Ali Maâchi du Président de la République, en Algérie.
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Le jeune prodige se trouve actuellement à Alger où il donnera deux concerts : à la Basilique Notre-Dame d’Afrique (jeudi 27 novembre) et à l’Opéra d’Alger (samedi 29 novembre).
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Yanis Taleb a poussé son premier cri à Strasbourg (France) le 16 octobre 1999. À l’âge de 4 ans, ses parents décident de rentrer à Tlemcen. C’est dans l’ancienne Pomaria que le petit Yanis poursuit sa scolarité.
Son père, collectionneur d’objets d’art, achète un vieux piano des années 20. Le petit Yanis ne le sait pas encore, mais cet instrument va changer, le cours de sa vie, quelques années plus tard.
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« Lettre à Elise », déclic
Yanis devait avoir 6 ans, quand il entendit son père murmurer : « Mon vœu le plus cher est que l’un de mes trois fils devienne pianiste un jour ! »
Les années filent. Le petit garçon, 13 ans, entend pour la première « Lettre à Elise » de Beethoven. Il a comme une fulgurance.
« Ce morceau a résonné en moi en même temps que le souhait formulé par mon père quelques années auparavant. Je me suis ruée sur les touches de mon piano reproduisant ‘Lettre à Elise’ juste à l’oreille. Je voulais rejoindre un établissement pour y apprendre le solfège mais aucune école de ce genre n’existait à proximité de Tlemcen. Tant pis, j’apprendrai sans partition me suis-je dis », raconte Yanis Taleb à TSA Algérie.
Le compositeur en herbe visionne en boucle les concerts de pianistes sur Internet : « Leurs costumes flamboyants et les salles prestigieuses où ils se produisaient me fascinaient. J’avais envie de leur ressembler ! », confie-t-il.
Yanis s’entraîne sur le vieux piano acheté par son père « Chopin, Mozart, Rachmaninov… Sur la lancée, il intègre une formation de musique andalouse.
Fusion
« J’adore la musique classique européenne mais je suis très attaché aux sonorités orientales et particulièrement celles de l’Algérie », explique-t-il.
« Mon répertoire se nourrit aussi de musique andalouse, Chaâbi… Dans mes compositions, on retrouve une esthétique classique brassée avec des sonorités orientales, à l’exemple de la Valse algérienne ».
Des études de droit en France
À 15 ans, Yanis Taleb s’envole pour la France. Il passe son bac et s’inscrit dans un conservatoire de musique classique à Vichy (Auvergne-Rhône-Alpes). Il compose des œuvres musicales en autodidacte. Le futur compositeur prépare une licence de droit à l’Université de Clermont Ferrand.
Diplôme en poche, l’étudiant s’inscrit en master dans à la Faculté des Hautes Études Commerciales de Lausanne (Suisse) mais au moment où il s’y attend le moins, le destin le pousse vers une autre direction.
« J’ai été auditionné pour présenter quelques-unes de mes œuvres dans le prestigieux Royal College of Music de Londres. Puis, j’ai été lauréat du Prix du Président de la République algérienne en 2024. Ces deux événements m’ont aidé à faire mon choix : privilégier ma carrière de compositeur et pianiste ».
Yanis Taleb compose également des musiques de film avec le réalisateur Sabri Benamar.
Série de concerts
Yanis Taleb poursuit actuellement une carrière à l’international. « Récemment j’ai donné un concert au palais Bondy de Lyon et je me suis également produit à Monaco, à l’invitation du Consulat algérien de Nice ; l’occasion pour moi de jouer des morceaux de chant patriotiques et populaires de notre pays. » affirme-t-il.
Le jeune compositeur franco-algérien donnera deux concerts à Alger. Le premier est prévu le 27 novembre à 19h à la basilique Notre-Dame-d ’Afrique. Le second, le 29 novembre à 19h30 à l’Opéra d’Alger.
« Le public aura l’occasion d’apprécier en première partie mes propres compositions puis, je jouerai des morceaux patriotiques : Min Djibalina, Kassamen, Min Ajlika ya Watani … », détaille t-il.
L’agenda de ce compositeur plein de talent est bien rempli pour les mois à venir. « Mon public m’attend à Oxford, Londres, Rome et Madrid où je dois animer des concerts », égrène-t-il.
Une carrière prometteuse s’ouvre devant ce jeune pianiste autodidacte qui désire délivrer un message d’espoir. « Depuis Mustapha Skandrani, il n’y a pas eu de relève dans la catégorie pianiste solo. J’aimerai que mon parcours inspire ceux qui veulent se lancer sur cette voie », dit-il en guise de conclusion.
À 26 ans, Yanis Taleb s’impose déjà comme un artiste d’exception. Nul doute qu’il continuera à briller et à représenter la culture algérienne sous d’autres cieux.