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31e vendredi : le nouveau souffle du hirak

31e vendredi : le nouveau souffle du hirak

Pacifiques et déterminés, des centaines de milliers d’Algériens ont envahi, ce vendredi 20 septembre, les rues de nombreuses villes du pays, pour la 31e fois depuis le 22 février.

Ce 31e vendredi de mobilisation a tenu toutes ses promesses en matière de mobilisation, confirmant ainsi le retour en force du Hirak.

Nous ne sommes certes pas encore revenus aux niveaux de mars dernier quand le Hirak rassemblait jusqu’à 15 millions de personnes (selon les estimations de Jane’s) mais la tendance observée vendredi dernier s’est confirmée aujourd’hui. Le Hirak est de retour, avec la même détermination que celle qui avait uni les Algériens en février dernier contre le cinquième mandat de Bouteflika.

Ce vendredi, la démonstration la plus spectaculaire de ce regain de mobilisation est venue d’Alger. Depuis mercredi après-midi, les regards étaient tournés vers la capitale.

Le chef d’état-major de l’ANP avait appelé la gendarmerie à empêcher les manifestants venus d’autres wilayas de rejoindre Alger, estimant que ce sont des personnes venues d’autres régions qui grossissaient artificiellement les rangs des manifestants à Alger.

« Nous avons constaté sur le terrain que certaines parties, parmi les relais de la bande, aux intentions malveillantes, font de la liberté de déplacement un prétexte, pour justifier leur dangereux comportement, qui consistent à créer tous les facteurs qui perturbent la quiétude des citoyens, en drainant chaque semaine des citoyens issus de différentes wilayas du pays vers la capitale, afin d’amplifier les flux humains, dans les places publiques…», a affirmé le chef d’état-major avant d’annoncer sa mesure-phare.

Dès jeudi matin, un impressionnant dispositif a été mis en place sur les routes menant vers la capitale, à l’Est et l’Ouest, rendant l’accès à Alger très difficile.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux jeunes affirment avoir été « refoulés » à l’entrée de la capitale ou sur l’autoroute Est-Ouest car soupçonnés de vouloir participer à la manifestation.

Ce vendredi matin, un dispositif sécuritaire sans équivalent depuis le 22 février a été déployé dans le centre d’Alger, avec à la clé de nombreuses interpellations. Le déploiement avait visiblement pour objectif de dissuader les manifestants de marcher.

On ignore le bilan de ces dispositifs mais leur impact sur le terrain a été insignifiant. Dès la fin de la prière du vendredi, un tsunami populaire a déferlé dans les rues de la capitale. Ils étaient, selon nos estimations, plusieurs centaines de milliers de manifestants à avoir sillonné les rues du centre-ville jusqu’en fin de journée.

Alger n’est pas la seule ville à avoir connu une telle déferlante. Constantine, Bejaia, Tizi Ouzou, Oran, Annaba, Mostaganem, Ouargla, Biskra, Tiaret et d’autres villes ont connu une forte mobilisation pacifique. Une mobilisation qui sonne comme un démenti au discours officiel du pouvoir sur la fin du Hirak.

Comme les précédentes manifestations, les slogans n’ont pas évolué. Les manifestants réclament le départ des symboles du régime et réitèrent leur refus de participer à des élections présidentielles dans les conditions actuelles.

Six jours après la convocation du corps électoral et l’installation de la Commission d’organisation des élections, les manifestants ne semblent pas convaincus par les « garanties » de transparence données par le pouvoir, pour un scrutin crédible.

Cette méfiance est justifiée par le maintien du gouvernement Bedoui, les arrestations de dizaines de militants et acteurs du Hirak et le musellement des médias.

Le pouvoir va-t-il maintenir le cap et prendre le risque d’organiser une présidentielle alors que le hirak retrouve un nouveau souffle, ou changer d’approche ?

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