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43e vendredi : le Hirak maintient la mobilisation malgré l’élection de Tebboune

43e vendredi : le Hirak maintient la mobilisation malgré l’élection de Tebboune

L’image illustre à elle seule le dialogue de sourds entre le mouvement populaire et le pouvoir : au moment où le président de l’ANIE, Mohamed Charfi se félicitait du déroulement de la présidentielle, des milliers d’Algériens investissaient la rue dans plusieurs villes du pays.

À Alger, malgré quelques dérapages la veille et une présence renforcée des services de sécurité, les rues n’ont pas désempli et ont été prises d’assaut dès le milieu de la matinée.

Loin visiblement de se résigner, ils étaient plusieurs milliers dans les principales avenues de la capitale, tout comme près de la Grande poste. Et comme il fallait s’y attendre, les manifestants, quelque peu en colère, tranchant particulièrement avec le caractère festif et joyeux qui caractérisait jusque là les manifestations, ont focalisé l’essentiel des slogans sur le rejet de la présidentielle et du président élu.

« Allah Akbar, el vote Mzawer ( fraude, ndlr) », « Ah ya issaba djabouna khamssa diouba », ou encore « hna wled amirouche, marche arrière manwelouch », et « bravo la Kabylie » ont été les slogans les plus scandés par les manifestants dont certains portaient comme d’habitude des portraits à l’effigie de certains héros de la révolution ou des députés d’opinion.

Comme toujours, l’imagination semble sans limite, comme témoigne cette pancarte, pleine de dérision, d’un manifestant : « Nous étions un peuple sans président, aujourd’hui nous avons un président sans peuple ».

Des slogans de rejet de cette présidentielle et du nouveau président, assimilé à un « autre Bouteflika » ou au continuum du « cinquième mandat sans Bouteflika » ont été également scandés dans d’autres wilayas où la mobilisation était importante à l’image de Mostaganem, Constantine, Bouira, Bejaia, Jijel, Tizi-Ouzou ou encore Tlemcen.

Reste que dans certaines wilayas, les manifestations ont été empêchées par les services de sécurité, comme à Mascara, Oran, Sidi Bel Abbès ou Ain Temouchent.

Et selon les échos, de nombreux manifestants y ont été arrêtés dont certains seront déférés devant la justice dimanche. Est-ce à dire qu’il y a là les signes d’une volonté d’une reprise en main autoritaire de la situation par le pouvoir ?

Dans sa conférence de presse tenue ce vendredi en début de soirée, le nouveau président a tendu sa main au « hirak » en exprimant sa disponibilité à dialoguer avec lui.

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