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Le Maroc veut faire taire le journaliste espagnol Ignacio Cembrero

Le Maroc accentue la pression sur le journaliste espagnol Ignacio Cembrero. Ce dernier subit les attaques des relais du Palais royal.

Le Maroc veut faire taire le journaliste espagnol Ignacio Cembrero
Aicha Merabet
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, spécialiste du Maghreb, est connu pour son travail intransigeant sur l’actualité du Maroc et du Sahara occidental. Ce qui lui vaut des attaques répétées des relais de Rabat, notamment des poursuites judiciaires et même l’espionnage de son téléphone par les services marocains. Le dernier acte en date est une pression directe sur le journal qui l’emploie, El Confidencial.

Les tentatives marocaines pour faire taire le journaliste espagnol ne se comptent plus. Ayant lui-même été ciblé par l’opération d’espionnage d’envergure via le logiciel israélien Pegasus divulguée en 2021, il sera poursuivi en justice pour avoir accusé les services marocains d’être derrière cette opération. Ignacio Cembrero fait l’objet de nombreuses plaintes sans compter les attaques dans la presse et sur les réseaux sociaux marocains à chaque fois qu’il aborde un sujet lié au royaume ou au Sahara occidental.

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Un député marocain a cru trouver la parade pour faire taire cette voix qui dérange. Lahcen Haddad, élu à la Chambre des représentants, a adressé une lettre au rédacteur en chef d’El Confidencial dans laquelle il ne se gêne pas de se plaindre du ton libre de Cembrero. “J’invite El Confidencial à réfléchir à l’impact de ses propos”, a écrit le député, dans une menace à peine voilée au média espagnol.

Outre son suivi impartial du conflit du Sahara occidental, les derniers griefs retenus contre le journaliste Ignacio Cembrero sont ses écrits sur les relations entre le Maroc et l’Espagne, notamment d’avoir rapporté tout récemment la décision de Rabat de fermer les bureaux des douanes aux frontières des enclaves espagnoles ou d’avoir couvert l’action d’un comité appelant à la restitution de ces mêmes enclaves.

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Je me sens obligé de réagir à la couverture médiatique de M. Ignacio Cembrero, dont la carrière, au fil des ans, a constamment reflété une partialité évidente, un penchant pour la provocation et une dangereuse tendance à la spéculation déguisée en analyse”, s’est plaint Lahcen Haddad.

Ignacio Cembrero, la bête noire du Maroc 

Outre Cembrero, les relais marocains ont d’autres voix libres dans le viseur. Le site marocain Euromaghreb cite trois noms “hostiles”. Ignacio Cembrero, Francisco Carrión et Sonia Moreno sont accusés de se mobiliser pour “semer le doute et briser la dynamique positive entre Rabat et Madrid” à “chaque fois que les relations maroco-espagnoles s’apaisent”. Évidemment, les trois journalistes sont aussi accusés d’être les “défenseurs officieux des thèses” de l’Algérie.

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Dans une de ses réponses sur X, Ignacio Cembrero a rappelé que c’est le Maroc qui fut à l’origine de son départ du journal El País en 2014, avec l’aide du gouvernement espagnol de l’époque.

Le gouvernement et le Royaume m’ont traîné quatre fois en justice, au pénal et au civil. J’ai été même dénoncé pour apologie du terrorisme. Lahcen Haddad vient d’ajouter sa lettre à cette campagne de dénigrement ! Le makhzen ne comprend toujours pas en quoi consiste la liberté de la presse”, a écrit le journaliste.

Ci-dessous, la lettre que @Lahcenhaddad, ancien ministre et député marocain, a envoyée au directeur d’@elconfidencial pour se plaindre de mes articles. En 2014, le #Maroc a forcé mon départ d’@el_pais, avec l’aide du gouvernement de @marianorajoy. Le gouvernement et le Royaume…

— Ignacio Cembrero (@icembrero) July 14, 2025

Dans un autre tweet, il a rappelé le passif de ce député dans le lobbying au profit des thèses marocaines. En 2023, il a tout fait pour empêcher le Parlement européen d’adopter une résolution appelant à la libération de trois journalistes marocains, condamnés pour de prétendus délits sexuels, mais en réalité ciblés pour leurs écrits critiques. “Malgré ses efforts, la résolution a été adoptée”, rappelle Cembrero.

Celui-ci est accusé d’avoir une obsession pour le Maroc. Mais c’est le contraire qui semble vrai, comme le signale cet internaute du nom de Juan Prim qui a pris la peine d’éplucher les publications sur X de Lahcen Haddad. “Je viens de compter 44 messages de Lahcenhaddad, directement ou indirectement, adressés à Cembrero du 12 à aujourd’hui, sans compter les reposts. Cela fait presque 10 par jour. Du coup, je me demande qui est obsédé par qui ici”, s’est-il interrogé.

Acabo de contar 44 posts de @Lahcenhaddad dirigidos directa o indirectamente a @icembrero desde el pasado día 12 hasta hoy, y sin contar los repots. Casi 10 por día. Lo que hace que me pregunte quién está obsesionado aquí con quién. pic.twitter.com/l6hUgw4x1D

— Juan Prim (@JPrimPrats) July 15, 2025

Lien permanent : https://tsadz.co/4y7r3

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