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Crise France – Algérie : le troc choquant de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, qui a été condamné à trois ans de prison en décembre dernier, propose un troc : échanger des OQTF algériens avec les visas

Crise France – Algérie : le troc choquant de Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy condamné à cinq ans de prison | DR
Riyad Hamadi
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Chez la droite française, l’Algérie a décidément bon dos et constitue un tremplin pour accéder au pouvoir ou pour… y revenir.

Nicolas Sarkozy, président entre 2007 et 2012, s’est exprimé sur la crise entre les deux pays, s’alignant parfaitement sur la ligne du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et de l’extrême-droite. Il va plus lui en proposant un troc choquant pour faire pression sur l’Algérie.

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Celui dont le fils, Louis Sarkozy, a ouvertement appelé à brûler l’ambassade d’Algérie sans qu’il soit inquiété, veut “plus de fermeté”. Ses propos trahissent une volonté de peser au moins dans la crise politique interne qui se profile, voire plus…

Dans un entretien au Figaro diffusé ce mercredi 3 septembre, l’ancien chef de l’Etat a notamment exprimé son désaccord avec la manière dont est gérée la crise avec l’Algérie, jugeant “incompréhensible” l’attitude des dirigeants français. Pour lui, la France doit se montrer “infiniment plus ferme et drastique”.

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Sarkozy en désaccord avec Macron 

Sur les visas, les OQTF ou encore l’accord de 1968, Sarkozy s’est exprimé comme le ferait Bruno Retailleau ou toute autre figure du courant anti-algérien en France.

En proférant d’abord cette accusation éculée : selon lui, l’Algérie refuse d’exécuter des milliers d’OQTF et aucun ressortissant algérien n’a été repris depuis janvier dernier.

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La France doit utiliser le levier des visas, estime-t-il, suggérant de délivrer ce document au prorata des laissez-passer consulaires délivrés : un visa pour un OQTF repris, ou même 5 ou 10 visas par OQTF, “pour imposer, enfin, une réciprocité”. 

Un troc tout simplement qui illustre la vision de Sarkozy des relations entre la France et les autres pays. Il considère ainsi les gens, clandestins et demandeurs de visas algériens, comme des marchandises que l’on peut échanger, comme de simples cartons remplit d’objets.

“Il n’y a aucune raison de maltraiter l’Algérie davantage que les autres pays, mais il n’y a plus aucune raison de l’avantager non plus”, dit-il, déplorant que la France ne soit plus en mesure de faire respecter “le droit international et les droits de l’homme”, en allusion à la condamnation en Algérie de l’écrivain Boualem Sansal. 

Nicolas Sarkozy veut échanger des OQTF contre des visas

Comme le reste de la droite et l’extrême-droite, Nicolas Sarkozy a lui aussi dans le viseur l’accord bilatéral sur l’immigration de 1968, qu’il qualifie d’ “anomalie” qui “n’a plus lieu d’être”. 

Début août, le président Emmanuel Macron a fini par conforter son ministre de l’Intérieur dans sa volonté d’aller au rapport de force avec l’Algérie.

Il a instruit son Premier ministre François Bayrou  d’agir avec “plus de fermeté et de détermination” avec l’Algérie, lui ordonnant la suspension de l’accord bilatéral de 2013 sur les passeports diplomatiques et l’arrêt de la délivrance des visas de long séjour aux demandeurs algériens.

Pour Nicolas Sarkozy, cela n’a pas produit d’effet, accusant même le président en exercice de jeter la patate chaude à “un premier ministre en sursis, via une lettre comminatoire”.

François Bayrou se soumettra le 8 septembre à un vote de confiance de l’Assemblée avec, selon les observateurs, très peu de chances d’obtenir les voix nécessaires pour rester. 

C’est dans ce contexte tendu que l’ancien chef de l’État, qui a perdu de son aura après sa condamnation définitive fin décembre pour corruption et trafic d’influence, à trois ans d’emprisonnement dont un an ferme sous bracelet électronique, avec trois ans d’inéligibilité, a choisi de s’exprimer.

Cherche-t-il à peser sur les évènements à venir ou se positionne-t-il pour revenir dans la perspective de la course à l’Elysée en 2027 ? Ses propos sur l’Algérie sont en tout cas ceux d’un homme qui lorgne l’électorat de droite et d’extrême-droite. 

OQTF : Sabrina Sebaihi charge Bruno Retailleau

Un discours que d’autres voix en France continuent de démentir. Sur la question des OQTF, “il y a totalement un mythe et c’est totalement instrumentalisé”, a dénoncé la député écologiste Sabrina Sebaihi.

L’élue d’origine algérienne a expliqué sur la chaîne algérienne One TV que si, en termes de pourcentage, l’Algérie fait la même chose que le Maroc et la Tunisie, en termes de volume, il y avait avant la crise beaucoup plus d’expulsions d’Algériens que des autres nationalités. 

Le sujet des OQTF est un sujet global qui n’est pas spécifique à l’Algérie, mais le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau “a voulu en faire un sujet algérien”, a-t-elle fustigé, dénonçant “un vrai fantasme de l’extrême-droite” sur la question des OQTF qui sont désormais signifiées aux demandeurs d’un nouveau titre de séjour. En juin dernier, même une franco-algérienne a reçu une OQTF, s’est étonné Sabrina Sebaihi. 

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