
Le sénateur écologiste d’origine algérienne Akli Mellouli a donné quelques conseils au ministre de l’Intérieur français Laurent Nunez alors que les signes de réchauffement des relations algéro-françaises se multiplient.
« On assiste à ceux qui alimentent cette rupture (…) Le bouc émissaire qui correspond à l’ADN du Rassemblement national, c’est l’Algérie », a dit d’emblée le sénateur écologiste et vice-président du groupe d’amitié France-Algérie au Sénat français dans un entretien à Global Africa Télésud, au sujet du vote jeudi 30 octobre par le Parlement français d’une résolution visant à dénoncer l’accord de 1968 qui régit l’immigration algérienne en France.
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L’élu du Val-de-Marne a rappelé que le RN a été créé en 1963 avec « des Waffen SS, sur cette guerre d’Algérie ». Ce parti « revanchard » se nourrit du « fantasme de l’OAS », a asséné Akli Mellouli.
Pour lui, ce sont les « néocoloniaux qui reviennent » en France. Sur l’accord de 1968, Akli Mellouli est catégorique. « Il n’y a rien dans cet accord », a-t-il dit, en pointant ceux qui cherchent à faire « croire que les Algériens bénéficient d’avantages particuliers, alors que ce n’est pas le cas ». « En plus, les Algériens sont « entravés dans les démarches » administratives en France, a-t-il dénoncé encore.
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« Les Algériens défavorisés »
« Dans le fond, on voit bien que les Algériens sont défavorisés. Et puis, l’Algérie peut aussi dénoncer tous les accords avec la France. Il y en a sur le gaz, le pétrole, les biens immobiliers occupés par les représentations diplomatiques françaises en Algérie », a-t-il remarqué.
Pour Laurent Nunez, Akli Mellouli conseille de « mettre à plat les préjugés et les faux semblants. « Sur les OQTF, l’Algérie ne fait pas moins que les autres pays. Laurent Nunez est compétent dans son domaine, je ne dirai pas cela de tout le gouvernement », a poursuivi Akli Mellouli qui recommande au ministre de l’Intérieur français de « regarder les choses avec des faits, du concret, et non avec de l’agitation ou de l’instrumentalisation à des fins politiques ».
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Le sénateur écolo adresse ainsi une pique à l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau qui a surmédiatisé la crise avec l’Algérie, et prôné un « bras de fer » et une « riposte graduée », pour tenter d’obtenir, en vain, la libération de l’écrivain Boualem Sansal, la délivrance des laissez-passer consulaires, etc.
« Il faut faire les choses sans bruit, il faut être dans le dialogue », conseille le vice-président de la Commission des affaires étrangères du Sénat français. « Notre rôle est de rester dans le droit international. Ce n’est pas une affaire d’élus franco-algériens, c’est une affaire franco-algérienne. Je n’assume pas la France coloniale, ma France, c’est celle des droits de l’Homme », a-t-il dit.