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Algérie – France : une rencontre Tebboune – Macron en terrain neutre ?

Les présidents Tebboune et Macron pourraient renouer le contact en terrain neutre pour acter la désescalade entre les deux pays et enclencher le processus de règlement de la crise.

Algérie – France : une rencontre Tebboune – Macron en terrain neutre ?
Une rencontre Tebboune – Macron en marge du G20 Johannesburg ? / Source : Facebook - رئاسة الجمهورية الجزائرية
Riyad Hamadi
Durée de lecture 3 minutes de lecture
Icon Les signaux d'un début de dégel dans les relations algéro-françaises se multiplient
Icon Les présidents Tebboune et Macron pourraient se rencontrer en marge du G20 à Johannesburg en Afrique du sud
Icon Le départ de Retailleau du gouvernement et la libération de Boualem Sansal privent le courant anti-algérien en France d'outils de pression sur Macron
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Les signes d’un début de réchauffement imminent entre l’Algérie et la France se multiplient. Une rencontre au sommet entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron lors du prochain sommet du G20, prévu les 22 et 23 novembre à Johannesburg, en Afrique du Sud. Cette nouvelle tentative de rapprochement sera-t-elle la bonne ?

Comme nous l’avions évoqué vendredi, le quotidien français L’Opinion affirme ce samedi que les deux présidents « devraient se reparler en terrain neutre. Ce sera probablement à Johannesburg lors du prochain sommet du G20, les 22 et 23 novembre ». Si la participation d’Emmanuel Macron au sommet du G20 est confirmée, rien n’a filtré encore sur celle de son homologue algérien.

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La dernière rencontre entre les deux hommes remonte au sommet du G7 à Bari en Italie le 13 juin 2024, un mois et demi après l’éclatement de la crise entre les deux pays après la reconnaissance par Paris de la marocanité du Sahara occidental. Leur dernier échange téléphonique a eu lieu le 31 mars dernier.

Réconciliation Algérie – France : cette fois sera-t-elle la bonne ?

Ceux qui continuent d’afficher un certain scepticisme ne perdent pas de vue que le retour à la case départ ne tient parfois qu’à un fil. En avril dernier, les deux pays étaient à deux doigts de sortir de la crise.

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Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est rendu à Alger le 6 avril. La visite devait être celle de la réconciliation et de la fermeture de la page de la crise. Mais tout est tombé à l’eau à la suite de l’arrestation et l’incarcération en France d’un agent consulaire algérien. Cet incident est suivi d’expulsions réciproques de diplomates jamais vues dans l’histoire des relations entre les deux pays.

L’Algérie avait désigné nommément Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, d’avoir saboté le processus de rapprochement en instruisant ses services de procéder à l’arrestation du diplomate algérien.

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Retailleau et tout le courant anti-algérien ont tout fait ces derniers mois pour maintenir la pression sur le président Emmanuel Macron et empêcher toute possibilité de réconciliation avec l’Algérie.

Les quelques voix de la raison au sein du gouvernement français, comme celle du chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot, n’ont pas fait le poids face à la droite dure, l’extrême-droite, les milieux nostalgiques de l’Algérie française et les lobbies pro-marocains et pro-israéliens.

A contrario, les plus optimistes tiennent des éléments qui leur font penser que l’Algérie et la France sont réellement sur le point d’enclencher un processus de rapprochement solide qui résistera à d’éventuelles actions néfastes du courant anti-algérien.

D’abord, la crise a trop duré, près d’une année et demie, et aucune partie n’a intérêt à ce qu’elle s’éternise. Ensuite, les deux principaux verrous qui bloquaient la reprise du contact ont sauté successivement. Bruno Retailleau n’est plus ministre de l’Intérieur depuis début octobre et l’écrivain Boualem Sansal a été remis en liberté mercredi 10 novembre.

Ces deux éléments changent complètement la donne. Le nouveau ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, s’est ouvertement démarqué de son prédécesseur quant à la gestion de la crise avec l’Algérie et pourrait très probablement se déplacer à Alger dans les prochains jours.

Le courant anti-algérien privé d’un puissant levier

Sans Bruno Retailleau à l’Intérieur, le courant anti-algérien est privé d’un levier d’une redoutable efficacité au sein de l’appareil de prise de décision français. Il lui reste la sphère médiatique et parlementaire pour continuer à tenir un discours belliqueux et mener des actions symboliques sans effet, comme la résolution du Rassemblement national (RN) visant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 sur l’immigration, votée le 31 octobre par l’Assemblée nationale.

Le courant extrémiste a désormais d’autant moins de poids qu’il est aussi affaibli par la libération de l’écrivain Boualem Sansal, obtenue grâce à “une méthode faite de respect et de calme”. Cette précision a été faite par les deux plus hauts personnages de l’Exécutif français, le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Une manière de signifier que Bruno Retailleau et toute la droite dure et l’extrême-droite n’ont pas seulement échoué mais leur discours belliqueux et comminatoire a allongé la crise et la détention de l’écrivain. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez avait déjà décrété l’échec de la méthode du “bras de fer”.

Si l’on excepte l’affaire du journaliste Christophe Gleizes, condamné par la justice algérienne et dont le procès en appel est prévu début décembre, les questions qui restent en suspens entre les deux pays, notamment celle des reconduites aux frontières, de la circulation des personnes et même la révision de l’accord de 1968, sont d’ordre plus technique que politique. Leur résolution ne s’apparente en tout cas pas à une tâche insurmontable, de surcroît maintenant que la droite dure n’est plus aux manettes au ministère français de l’intérieur.

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