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Musulmans en France : « Dans les années 70, on rasait les murs »

El Mouhoub Mouhoud, président de l’université PSL, critique le sondage controversé sur les musulmans en France réalisé par Ifop.

Musulmans en France : « Dans les années 70, on rasait les murs »
Les musulmans aujourd'hui revendiquent leur religiosité, « qui n'est pas l'islamisme » / Par Hassan Anayi / Unsplash pour TSA
Riyad Hamadi
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On continue de débattre en France sur l’enquête IFOP sur les musulmans, publiée le 18 novembre et instrumentalisée à outrance par l’extrême-droite.

Sur France 5, El Mouhoub Mouhoud, président de l’université Paris sciences et lettres, y est allé de son avis très rigoureux d’universitaire.

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L’économiste franco-algérien a noté justement d’emblée un manque de rigueur dans les conclusions qui sont tirées par une partie de la presse et de la classe politique de l’enquête réalisée par l’IFOP et commandée par Écran de Veille, une revue éditée par Global Watch Analysis, une officine soupçonnée d’être contrôlée par les Émirats arabes unis.

« Il vaut mieux être très rigoureux sur ces choses-là », a réclamé El Mouhoub Mouhoud qui a refusé que l’on prenne « une image instantanée » et en faire « une prolongation » de ce que sera dans le futur cette tranche d’âge des 18-24 ans.

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D’abord, il faut nuancer. Les musulmans aujourd’hui revendiquent leur religiosité, « qui n’est pas l’islamisme », ouvertement, alors qu’ils ne pouvaient pas le faire par le passé.

« Dans les années 1970, on rasait les murs, on n’osait pas revendiquer quoi que ce soit », rappelle Mouhoud, alors que, aujourd’hui, « les jeunes issus de l’immigration osent dire qu’ils sont musulmans ».

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L’avis d’El Mouhoub Mouhoud sur l’enquête relative aux musulmans de France

Face aux extrapolations et projections qui sont faites pour annoncer un futur compliqué, le professeur brandit une autre enquête, « qui n’est pas citée du tout ».

Elle a été réalisée sur une période de 12 ans et sur 27.000 personnes par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) et l’Institut national des études démographiques (INED).

L’enquête a montré que la proportion de personnes qui citent la religion comme « significative de leur identité » a diminué de 10 points.

Le premier sondage a été réalisé en 2008-2009. Douze ans plus tard, un autre sondage a montré que toutes les tranches d’âge étudiées, 28-34, 35-44 et 45-59 ans, ont « revendiqué moins l’islam comme identité ».

« C’est quand même intéressant. Ça veut dire que ce que donne l’enquête IFOP comme information aujourd’hui sur la tranche des 18-24 ans n’est pas ce qu’ils deviendront dans 10 ou 20 ans », relève El Mouhoub Mouhoud.

L’économiste franco-algérien note aussi que l’enquête IFOP n’est pas affinée et « prend les musulmans comme un tout », sans un contrôle sur l’appartenance sociale ou la génération.

Un meilleur affinage aurait pu faire ressortir par exemple que les femmes immigrées de la première génération portent en effet le voile, mais leurs descendantes le portent beaucoup moins, a-t-il expliqué.

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