
L’écrivain Boualem Sansal détient la double nationalité algérienne et française et il peut en principe rentrer en Algérie quand bon lui semble.
Mais il ne pourra pas le faire puisque les autorités algériennes ont pris la décision de bloquer son passeport biométrique, selon une information rapportée ce samedi 29 novembre par le quotidien Le Soir d’Algérie et que TSA a pu confirmer auprès de sources sûres.
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L’effet direct d’une telle mesure est que l’écrivain ne pourra rentrer en Algérie qu’avec son passeport français et, pour cela, il lui faudra un visa délivré par un des consulats d’Algérie en France.
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Évidemment, si les autorités ont bloqué le passeport de l’auteur de 2084, ce n’est pas pour lui permettre de rentrer sur le territoire national par des moyens détournés.
La décision survient près de trois semaines après sa remise en liberté. L’écrivain a passé une année en détention en Algérie où il a été condamné à cinq ans de prison ferme pour “atteinte à la sûreté de l’État et à l’intégrité du territoire national”.
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Il a été poursuivi pour avoir soutenu dans un média d’extrême-droite française qu’une partie du territoire algérien appartient historiquement au Maroc.
Une nouvelle tentative de provocation de Boualem Sansal contre l’Algérie
Après sa sortie de prison le 12 novembre, sur une grâce humanitaire décidée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, il a aussitôt repris ses déclarations jugées « provocatrices » vis-à-vis de l’Algérie. Invité par plusieurs médias français de grande audience, il a fait part de sa volonté de rentrer en Algérie dans l’immédiat.
Il a soutenu qu’il a des affaires à récupérer, mais un tel projet s’apparente à une énième tentative de provocation. Car, simultanément, il a tenu de nouveaux propos incendiaires à l’égard de l’Algérie, sur des questions sensibles.
Sur France Inter, il a sorti un gros mensonge, prétendant que toute la Kabylie partage les thèses du MAK, un mouvement classé terroriste en Algérie. Or, ce mouvement n’a presque pas d’existence effective en Kabylie et encore moins ailleurs en Algérie. Sansal ignore-t-il à ce point la situation interne de l’Algérie ou a-t-il fait exprès de livrer une telle contre-vérité ? Dans quel but ?
Sur France 2, il a expliqué son arrestation et sa condamnation non pas comme une application de la loi après un grave dérapage sur l’histoire et les frontières du pays, mais comme une réaction des autorités algériennes à la décision de la France, en juillet 2024, de reconnaître la “souveraineté marocaine” sur le Sahara occidental.
« Mission commandée »
Proche de l’extrême-droite française, Sansal est instrumentalisé à outrance par ce courant qui mène une campagne véhémente contre l’Algérie et les Algériens depuis plusieurs années, bien avant le revirement de la France sur le dossier du Sahara occidental, la question des OQTF ou l’arrestation de l’écrivain.
Dans une de ses déclarations publiques ces derniers jours, Sansal a carrément coupé ses derniers liens avec l’Algérie en se présentant comme français de naissance puisque, suivant son raisonnement, il est né sous l’Algérie française.
Après tous ces propos inacceptables, il a annoncé son projet de se rendre en Algérie. L’homme semble être conseillé dès le début par ses ”amis” du courant anti-algérien en France. « Sansal est en mission commandée contre l’Algérie », lâche une source algérienne.
Cela sent en tout cas la tentative de provocation et la volonté d’offrir deux choix douloureux aux autorités algériennes : l’arrêter de nouveau quelques semaines après sa libération sur une grâce humanitaire sollicitée par le président d’un pays ami, ou enfreindre la loi en laissant entrer et sortir du territoire national un individu coupable de propos graves et pénalement punissables. Le piège a été subtilement évité par cette décision de désactiver son passeport biométrique.