
Le grand « procès » du colonialisme en Afrique s’est ouvert ce dimanche 30 novembre en Algérie avec la participation d’une quarantaine de pays.
Initiée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du dernier sommet de l’Union africaine de février dernier, la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique a été endossée par l’organisation panafricaine.
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Trois revendications majeures
À l’ouverture de ses travaux au CIC d’Alger, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a prononcé un discours dans lequel il a rappelé le testament de Didouche Mourad, héros de la guerre d’indépendance et de la lutte contre le colonialisme français en Algérie, un pays qui a payé un lourd tribut pour recouvrer sa souveraineté.
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« Si nous venions à mourir, défendez nos mémoires ». Avec cet ancrage historique des luttes africaines contre la colonisation, Ahmed Attaf a présenté trois revendications majeures de l’Afrique à l’égard des ex-puissances coloniales comme la France, l’Allemagne, la Belgique et l’Italie
- La reconnaissance officielle des crimes coloniaux,
- La criminalisation internationale du colonialisme,
- Les réparations et la restitution des biens pillés.
Sur le premier point, Ahmed Attaf a soutenu que l’Afrique a pleinement le droit d’exiger une « reconnaissance officielle » et « explicite » des crimes coloniaux, a soutenu Ahmed Attaf.
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« Cette reconnaissance est le minimum que l’on puisse attendre comme première étape nécessaire pour ouvrir la voie à la résolution des séquelles de cette époque, pour laquelle les pays et les peuples africains paient encore un lourd tribut en retour de l’exclusion, de la marginalisation et du retard de développement dont ils ont été victimes », a-t-il dit.
Sur la deuxième revendication, le chef de la diplomatie algérienne a jugé que l’Afrique a « parfaitement raison d’exiger la criminalisation internationale sans équivoque du colonialisme ».
Sahara occidental et Palestine
Pour appuyer cette demande, Ahmed Attaf a rappelé que la communauté internationale a criminalisé « l’esclavage et les pratiques assimilables, ainsi que l’apartheid ». « Il est temps à présent de criminaliser le colonialisme lui-même, au lieu de se contenter de criminaliser certaines de ses pratiques et de son héritage », a-t-il plaidé.
Sur le troisième et dernier point, il a estimé que l’Afrique est en « droit d’exiger une juste réparation et la restitution des biens spoliés, car la justice ne saurait être rendue par de vaines paroles, de fausses promesses ou une bienveillance illusoire ». « La réparation n’est ni une charité ni une faveur, mais un droit légitime garanti par l’ensemble des lois et conventions internationales », a-t-il expliqué.
Tout en plaidant à débarrasser l’Afrique des vestiges du colonialisme, Ahmed Attaf a appelé à « ne pas négliger l’impératif de la décolonisation » en l’éliminant définitivement. Il a cité le Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, et la Palestine qui se bat pour son indépendance.