
Les investissements directs étrangers (IDE) repartent à la hausse en Algérie. Après un pic de 2,58 milliards de dollars en 2011, les IDE ont dégringolé dans le sillage de la baisse des prix du pétrole de 2014 pour s’établir à seulement 580 millions de dollars en 2015, selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur l’économie algérienne. Mais la donne a changé.
« À partir de 2016, les IDE ont progressivement repris, tout en demeurant modestes par rapport aux pays comparables de la région, en raison de réglementations restrictives en matière d’investissement et d’une forte dépendance aux hydrocarbures », note la Banque mondiale dans son rapport.
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Cette volatilité est encore « plus marquée pour les annonces d’IDE, qui reflètent les intentions ou projets d’investissement des entreprises », ajoute le rapport. La Banque mondiale explique qu’en 2016 et 2018, les annonces d’IDE en Algérie ont atteint des « sommets respectifs de 7,3 milliards et 9,3 milliards d’USD, portés par un nombre limité de projets de grande envergure dans les secteurs de la chimie, des transports et de la logistique ».
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Pour attirer davantage d’IDE, l’Algérie a adopté une nouvelle loi sur les hydrocarbures en 2019 et un nouveau code de l’investissement en 2022. Des changements qui commencent à porter leurs fruits.
Ces « réformes réglementaires récentes visant à attirer les capitaux étrangers commencent à produire des effets, accompagnées d’un rééquilibrage progressif vers les investisseurs chinois », encense la Banque mondiale.
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Concrètement, les annonces d’IDE en Algérie ont « franchi le seuil de 1 milliard de dollars » au premier semestre 2025 en Algérie, un « niveau inédit » depuis la pandémie de Covid-19 en 2020, selon le rapport consulté par TSA.
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« Ce regain témoigne vraisemblablement d’une future hausse des flux officiels d’IDE, qui ont atteint 1,4 milliard d’USD en 2024, soutenus par des prix du pétrole élevés, un environnement réglementaire plus favorable aux investisseurs étrangers et une augmentation des investissements dans le secteur des hydrocarbures », anticipe la Banque mondiale.
La Banque mondiale note aussi un changement notable en matière d’IDE en Algérie. Son rapport précise que sur la période 2010–2014, les annonces d’IDE étaient principalement « concentrées dans la métallurgie (31,8 %), l’immobilier (22,1 %) et le textile (14,8%) ».
Mais la donne a changé entre 2020 et 2025, avec une répartition sectorielle au profit de la « métallurgie (28,4 %), de l’automobile (22,9 %) et de la chimie (16 %) », traduisant une « évolution vers les industries manufacturières ».
En termes de création d’emplois, les écarts sectoriels sont « significatifs », ajoute la Banque mondiale dans son rapport.
« Si la chimie a attiré la plus grande part des investissements en capital depuis 2010 (environ 9 milliards de dollars), elle n’a généré qu’environ 6.000 emplois, contre 22.000 emplois pour le secteur automobile, qui n’a mobilisé qu’environ 2,5 milliards d’USD. Cela correspond à des différences marquées d’intensité en main-d’œuvre : environ 0,7 emploi par million de dollars investi dans la chimie, contre 9 emplois pour le secteur automobile », détaille-t-elle.
Autre nouveauté de taille : le bond spectaculaire réalisé par la Chine dans le domaine de l’investissement en Algérie, entre 2020 et 2025, alors que sa part était insignifiante il y a dix ans (2 %). L’Empire du Milieu concentre le tiers des IDE annoncées en Algérie, au moment où l’Europe recule, alors que les parts de la Turquie et du Qatar sont « stables », selon la même source.