
« Avec la sortie d’Ounas, l’équipe était réduite à dix, avec l’entrée de Slimani, elle a été réduite à neuf ». À lui seul, ce commentaire caustique traduit l’appréciation de certains internautes algériens de la prestation du buteur historique de l’équipe nationale lors du match Algérie–Soudan en Coupe arabe des nations 2025 mercredi 3 décembre au Qatar.
Censé dynamiser une attaque algérienne en manque d’inspiration depuis l’expulsion d’Adam Ounas, Islam Slimani a rendu une prestation terne qui l’a exposé à un déferlement de critiques et de moqueries inattendues pour un joueur du cru qui a écrit les plus belles pages de l’histoire du football algérien de la dernière décennie.
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Une séquence qui relance la lancinante question : que peut bien encore offrir l’ancien attaquant de Leicester et Monaco à l’équipe d’Algérie ?
L’heure n’a-t-elle pas sonné pour lui pour ranger les crampons ? Entré en jeu à la 66ᵉ minute, au moment où l’Algérie évoluait déjà en infériorité numérique face au Soudan, Slimani n’a jamais réussi à peser sur le jeu.
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Islam Slimani ciblé par les critiques après le match Algérie – Soudan
Aucun tir tenté, ni duel gagné pour seulement six passes réussies. Un bilan rachitique qui n’a échappé ni aux consultants, ni aux téléspectateurs, encore moins aux amoureux des verts.
« Slimani ne s’est pas retrouvé et l’équipe s’est retrouvée en difficulté », a réagi l’ancien chouchou du MCA, Rafik Saifi, sur le plateau de BeinSports où il officie comme consultant.
Faute d’apporter son expérience et de secouer l’attaque des Fennecs de Majid Bougherra en manque d’efficacité face à une équipe soudanaise bien disciplinée, Islam Slimani n’a fait qu’accentuer les problèmes d’une équipe qui a peiné à lancer son entrée en lice et déjà fragilisée par le carton rouge.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas limitées à l’analyse du match. Pris pour cible, Slimani a eu droit à une flopée de commentaires moqueurs, de montages humoristiques et de mèmes tournant en dérision son entrée en jeu.
Beaucoup l’ont même affublé du qualificatif « armoire », en référence à son gabarit et à une supposée lenteur.
La réaction de Slimani
Face au tumulte, Slimani, habitué aux critiques, a opté pour l’apaisement en zone mixte. « On ne peut pas juger le rendement d’un joueur ou d’une équipe dès le premier match, ni sur trente minutes », a-t-il déclaré, rappelant également que l’infériorité numérique avait complètement modifié la physionomie du jeu face au Soudan.
« Je suis là aussi pour aider les jeunes, les orienter », a-t-il ajouté, comme pour suggérer qu’à son âge, 37 ans, il ne peut avoir le rendement que tout le monde pouvait attendre de lui.
Un message mesuré, mais qui ne peut dissimuler une réalité : après un long parcours et une baisse de forme progressive, Islam Slimani semble bien en fin de cycle sportif. Et l’heure de dire stop est peut-être bien arrivée pour lui.
Ingratitude
Reste que l’acharnement qu’il subit est injuste et ne doit pas faire oublier tous les énormes services qu’il a rendus à l’équipe nationale.
Meilleur buteur de l’histoire des Fennecs (46 buts en 102 sélections), l’enfant d’Ain Benian reste aussi l’homme du but mythique contre la Russie lors du Mondial 2014, celui qui a envoyé les Verts en huitièmes de finale pour la première fois de leur histoire.
Un des artisans du sacre en coupe d’Afrique de 2019 en Égypte, passé par le Portugal, l’Angleterre, la Turquie, la France, la Belgique et même le Brésil, il s’est imposé comme l’un des attaquants algériens les plus marquants de sa génération.
Un parcours singulier pour un joueur parti d’un club ordinaire de banlieue. Si aujourd’hui sa carrière avec les Verts touche réellement à son crépuscule, elle mérite cependant d’être refermée avec dignité, gratitude et respect. En d’autres termes, tout ce que l’on doit à une légende.