
Le Maroc est un pays très endetté proportionnellement à la taille de son PIB et de ses exportations, selon les chiffres du rapport 2025 de la Banque mondiale sur la dette.
Le royaume, qui dépense sans compter dans une politique de prestige et d’armement, voit une grande partie des revenus engloutis par le service de la dette extérieure.
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Alors que la dette extérieure du voisin algérien est insignifiante pour un PIB de plus de 260 milliards, celle du Maroc s’élevait à 68 milliards de dollars en 2024. C’est 45% du RNB (revenu national brut) du pays et 99% de ses exportations. Pendant la même année, le service de la dette a représenté 13% des recettes des exportations et 6% du RNB.
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La dette du Maroc est détenue par des créanciers multilatéraux (Institutions financières internationales) à 49%, bilatéraux (Etats) à 15% et privés (36%).
Les créanciers multilatéraux du Maroc sont la Banque mondiale qui détient 21% du total de sa dette, la Banque africaine de développement (10%) et autres institutions (17%).
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S’agissant de la dette bilatérale, elle est détenue par l’Allemagne (6% du total), la France (5%), le Japon (2%) et autres (3%). Enfin, pour la dette détenue par les privés (36%), elle est due à des obligataires (29%) et autres commerciaux (7%).
Maroc : forte dette extérieure et taux de chômage élevé
Dans un autre rapport publié simultanément et consacré à l’évaluation de l’économie marocaine, la Banque mondiale souligne la persistance de la sécheresse qui a freiné la croissance globale du PIB à 3,2 % et de nombreux défis qui se posent au royaume notamment en termes de chômage et d’inégalités.
“La création insuffisante d’emplois demeure un défi fondamental, écrit la Banque mondiale, qui souligne qu’au cours de la dernière décennie, la population en âge de travailler a augmenté de plus de 10 %, tandis que l’emploi n’a progressé que de 1,5 %.
Selon les rédacteurs du rapport, il s’agit d’un “écart structurel en matière de création d’emplois” qui s’explique par “l’impact cumulé des chocs post-pandémiques, l’effet encore limité des politiques et réformes actuelles sur la croissance économique, ainsi que des normes sociales liées au genre, qui restreignent la participation des femmes au marché du travail”.
La Banque mondiale pointe aussi un “manque de dynamisme du secteur privé”, avec peu d’entreprises à forte croissance, une situation qui pourrait refléter “des faiblesses structurelles sous-jacentes dans l’environnement des affaires”.
Le chômage est une véritable bombe au Maroc, étant précédemment estimé par d’autres sources à 13% de la population et à 38% chez les jeunes.
Dans la création d’emploi, le Maroc fait face à des obstacles et à des coûts élevés liés à l’embauche dans le secteur formel, indiqué la BM, ce qui favorise une forte prévalence du travail informel.