L’Algérie et l’Espagne ont traversé une longue crise entre 2022 et 2024, marquée notamment par le blocage presque total du commerce entre les deux pays.
Les échanges ont très fortement repris entre les deux pays mais pendant les deux ans qu’a duré la coupure, l’économie algérienne a accéléré sa transformation, comme le révèle la nature des marchandises achetées à l’Espagne avant et après la crise.
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Le retour à la normale de la relation politique a entraîné un ‘’net essor” du commerce maritime entre les deux voisins méditerranéens, constate le média espagnol spécialisé ace-cargadores.com.
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Aussi, les licences d’importation ont été réactivées, les banques espagnoles et algériennes fonctionnent normalement et les entreprises ibériques participent de nouveau aux appels d’offres publics en Algérie.
Le port de Valence à lui seul a vu son activité plus que doublée en 2025, traitant 1,48 million de tonnes de marchandises entre janvier et septembre, contre 715 000 tonnes pendant la même période de 2024. L’augmentation est de 107 %.
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Avec 78 000 EVP (équivalent vingt pieds), le trafic de containers dans ce port a plus que triplé et l’Algérie est devenue le troisième partenaire commercial hors Union Européenne du port de Valence, derrière la Chine et les États-Unis.
La reprise est également “manifeste” aux ports d’Alicante et d’Almería.
Si les échanges ont retrouvé leur dynamique, un important changement est toutefois survenu. Avant la crise, l’Espagne fournissait beaucoup de produits finis à l’Algérie, ce qui n’est plus le cas. Les produits semi-finis et les matières premières ont pris le dessus.
Importations algériennes d’Espagne : les produits semi-finis et les matières premières en force
“Les produits finis continuent de se voir infliger des sanctions importantes, voire d’être interdits d’importation, et les droits de douane demeurent élevés”, indique le délégué de l’Institut valencien du commerce extérieur en Algérie, Alfonso Tapia, cité par le même média.
En revanche, souligne-t-il, les produits semi-finis et les matières premières “s’implantent plus facilement sur le marché car ils contribuent à la croissance des entreprises locales”.
Le responsable assure que “ceux qui connaissent le pays et travaillent avec diligence obtiennent des résultats”.
Ce changement dans la structure des importations algériennes d’Espagne n’a rien à voir avec la crise passée entre Alger et Madrid. C’est le résultat direct de la nouvelle orientation du gouvernement algérien visant à la fois la rationalisation des importations et l’encouragement de la production nationale.
L’Algérie a en effet mis en place une ambitieuse stratégie de diversification de son économie, particulièrement du tissu industriel. L’objectif, selon le président de la République Abdelmadjid Tebboune, est de porter la part de l’industrie dans le PIB du pays de 3% en 2019 à au moins 13% en 2027.
La montée en flèche de la part des produits semi-finis et des matières premières dans les importations d’Espagne, au détriment des produits finis, traduit à la fois l’application stricte de la nouvelle orientation économique du pays et une certaine vitalité du tissu industriel.