
L’Algérie a décidé de reconduire à titre exceptionnel et dérogatoire, jusqu’au 31 décembre 2026, l’autorisation aux ressortissants algériens détenteurs de passeports étrangers, en cours de validité, d’entrer et de sortir du territoire national sans l’obligation d’obtenir au préalable un visa.
La décision a été annoncée lundi 29 décembre, à trois jours de l’expiration d’une mesure similaire prise le 30 mai 2025 pour une durée de sept mois, par le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Le Consulat général à Marseille, la deuxième plus grande ville de France, a précisé les trois cas concernés.
A lire aussi : OQTF confirmée pour une famille algérienne installée en France depuis 2018
Exemption de visa pour les binationaux : les précisions du Consulat d’Algérie à Marseille
Dans un communiqué rendu public, la représentation consulaire algérienne dans cette ville du sud de la France a indiqué que sont autorisés d’entrée et de sortie du territoire algérien, sans un visa au préalable, les binationaux algériens détenteurs d’un « passeport étranger en cours de validité, accompagné d’une carte d’identité biométrique et électronique (CNIBE) algérienne même si celle-ci est arrivée à expiration ».
A lire aussi : Consulats d’Algérie : avis important aux jeunes de la diaspora
Les membres de la communauté nationale établie à l’étranger possédant un passeport étranger en cours de validité, accompagné d’un passeport biométrique algérien, en dépit de son expiration, peuvent également bénéficier de cette dérogation, a affirmé la même source.
Concernant les enfants mineurs (âgés de 15 ans et moins), est-il expliqué dans le communiqué, dépourvus de documents de voyage algériens et appelés à voyager en Algérie avec leurs parents et/ou leurs tuteurs durant la période précitée, ils doivent être « munis d’un document d’état-civil (livret de famille, ou fiche familiale, Kafala, ou jugement de tutelle…) pour prouver le lien de parenté ou de statut de tuteur ».
A lire aussi : Crise France-Algérie et titres de séjour : « pourquoi prend-on les gens en otage ? »
Par ailleurs, le Consulat d’Algérie à Marseille invite les ressortissants algériens résidant dans cette ville à entamer, dès à présent, les démarches appropriées pour le renouvellement de leurs documents de voyage ou d’identité en temps opportun afin d’éviter toute situation de saturation de ses services notamment pendant la saison estivale.
La mesure exceptionnelle ayant permis aux ressortissants algériens binationaux, détenteurs d’un passeport étranger valide, d’entrer et de sortir du territoire national sans passeport algérien valide ni visa, devrait, faut-il le rappeler, prendre fin le mercredi 31 décembre 2025.
N’était-ce cette nouvelle prorogation du délai, à compter du 1er janvier 2026, tout citoyen algérien binational souhaitant entrer en Algérie devrait impérativement être en possession soit d’un passeport algérien en cours de validité soit d’un visa algérien apposé sur son passeport étranger.
Un député réclame la suppression définitive du visa aux binationaux algériens
« Sans l’un de ces deux documents, l’entrée sur le territoire national pourra être refusée, avec un risque de complications administratives aux points de passage, dans les ports et les aéroports », a souligné M Abdelouahab Yagoubi, député représentant la communauté algérienne de Paris (France), dans une publication sur post Facebook.
Cette mesure a été critiquée longuement, par le député. « La procédure en vigueur impose- de manière paradoxale et contrairement à ce qui est pratiqué dans la majorité des pays du monde- l’obligation de visa à des citoyens algériens jouissant de la nationalité algérienne, inscrits au registre consulaire et sur les listes électorales, du seul fait de la présentation d’un passeport étranger, même lorsqu’ils sont détenteurs de documents algériens biométriques sécurisés», a déploré M. Yagoubi.
Ses différentes tentatives de supprimer une telle décision auprès du ministère de l’intérieur, se sont avérées vaines. « J’ai demandé la correction de cette anomalie dès le 22 décembre 2021, dans une question parlementaire adressée au ministre de l’Intérieur, en m’interrogeant sur le fondement juridique qui conditionne le droit du citoyen algérien d’entrer sur le territoire national à la présentation d’un passeport algérien, alors même qu’il est titulaire d’une carte nationale biométrique prouvant sa nationalité algérienne et d’un document de voyage biométrique – fût-il étranger – conforme aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale. Je n’ai obtenu aucune réponse convaincante à ce jour », regrette le parlementaire.