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Yémen : graves tensions entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis

Alors que la situation continue de se détériorer au Yémen, les tensions montent entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Yémen : graves tensions entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis
Yémen : l’Arabie saoudite fixe un ultimatum aux Émirats arabes unis. / Par Saj Shafique
Badreddine Khris
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L’Arabie saoudite demande aux Émirats arabes unis (EAU) de retirer leurs forces militaires au Yémen dans un délai de 24 heures et de cesser tout soutien militaire ou financier à toute partie au Yémen.

« Le royaume souligne l’importance pour les Émirats arabes unis de répondre à la demande de la république du Yémen de retirer leurs forces militaires du territoire yéménite dans les 24 heures et de cesser tout soutien militaire ou financier à toute partie au Yémen », a affirmé, dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères, allusion faite aux séparatistes du sud.

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Riyad a également exprimé ses regrets face au fait qu’Abu Dhabi ait « poussé » le Conseil de transition du Sud à mener des opérations militaires à «la frontière sud du royaume qui constituant une « menace pour la sécurité » de l’Arabie saoudite, de la république du Yémen et de la région.

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L’Arabie saoudite qualifie les mesures prises par les Emirats arabes unis d’ «extrêmement dangereuses » qui ne correspondent pas aux principes de la coalition de soutien à la légitimité du Yémen qu’elle dirige et ne servent pas la paix et la stabilité dans ce pays .

Des mesures «extrêmement dangereuses » prises par les Emirats

Pour le royaume saoudien, « toute menace sur sa sécurité est une ligne rouge et n’hésiterait pas à prendre les décisions et utiliser les moyens nécessaires pour la combattre », avertit-il dans le communiqué.

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L’Arabie Saoudite a par ailleurs, réitéré son « engagement pour la paix et la stabilité au Yémen ainsi que sa souveraineté » et a exprimé son « soutien entier » au président du Conseil présidentiel yémenite, Rachad Al Alimi et son gouvernement tout en plaidant pour un « dialogue à travers une solution politique globale auquel prendront part toutes les parties au Yémen y compris le Conseil de transition du Sud ».

Elle exhorte, cependant, les Emirats Arabes Unis à faire preuve de « sagesse » et de privilégier l’esprit de « fraternité et le bon voisinage et d’effectuer les pas dans le but de préserver les relations bilatérales entre les deux pays frères pour le bien de toute la région ».         

 État d’urgence  

Il faut noter que la situation politique au Yémen s’est sérieusement dégradée ces derniers jours. Le chef du Conseil présidentiel vient de décréter l’état d’urgence pour une durée de 90 jours sur l’ensemble du territoire. Cette mesure s’accompagne d’un blocus aérien, maritime et terrestre de 72 heures.

 La décision a été prise après la percée militaire des séparatistes du Sud, qui ont récemment pris le contrôle de vastes zones du pays sans faire face à une résistance.

Avec le soutien des Émirats arabes unis, ces séparatistes ont pour objectif d’imposer un État indépendant dans le sud du Yémen, région qui avait déjà connu une indépendance sous le nom de République démocratique et populaire du Yémen durant la période 1967-1990.

Face à leur avancée, le gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale, a demandé, vendredi dernier, à la coalition militaire d’intervenir pour le soutenir.

Le jeu dangereux des Emirats au Yémen

Cette coalition, a, après avoir averti qu’elle riposterait à toute action militaire des séparatistes tout en les appelant à se retirer, annonce avoir ciblé des cargaisons d’armes et de véhicules en provenance des Émirats arabes unis et destinées aux forces séparatistes.

En réaction, la présidence yéménite a annoncé avoir annulé son accord de défense mutuelle avec les Émirats arabes unis. Le Conseil présidentiel yéménite a décidé, en effet, d’annuler l’accord de défense conjoint avec les Émirats arabes unis et d’imposer un blocus aérien et terrestre de tous les ports et points de passage frontaliers pendant 72 heures.

Il a ajouté que le conseil avait pris ces décisions dans le but de protéger les civils et le statut juridique de l’État, après qu’il avait eu été confirmé que les Émirats arabes unis avaient expédié deux navires chargés d’armes de Fujairah au port de Mukalla sans autorisation officielle du commandement des forces conjointes de la Coalition.

Les équipages de deux bateaux ont désactivé leurs systèmes de suivi et déchargé une grande quantité d’armes et de véhicules de combat pour soutenir les forces du Conseil de Transition du Sud, que les navires étaient arrivés du port de Fujairah, sur la côte est des Emirats arabes unis.

Le président Al-Alimi a réitéré son appel aux dirigeants du Conseil de transition du Sud à faire preuve de raison et à se retirer d’Hadramaout et d’Al-Mahra, exigeant que les forces du « Bouclier de la patrie » se déplacent et prennent le contrôle de tous les camps dans les deux gouvernorats.

« Rébellion pure et simple »

Le Conseil national de défense yéménite a qualifié mardi les mouvements militaires du Conseil de transition du Sud de « rébellion pure et simple contre les institutions étatiques légitimes, de sape de l’unité de la prise de décision militaire et sécuritaire, et de menace directe pour la paix civile ».

Le conseil a approuvé les décisions du président du Conseil présidentiel de direction de mettre fin à la présence émiratie au Yémen, soulignant son rejet absolu des tentatives d’imposer un fait accompli par la force ou d’utiliser des armes pour obtenir des gains politiques.

Le Conseil national de défense a appelé, en outre, les Émirats arabes unis à se conformer pleinement à la lettre et à l’esprit des décisions des dirigeants de l’État yéménite, à respecter sa souveraineté, à ne pas s’ingérer dans ses affaires intérieures et à cesser tout soutien militaire ou logistique à des formations situées en dehors du cadre de l’État.

L’Alliance des tribus du Hadramaout a annoncé mardi, pour sa part, son soutien total aux décisions et directives du président du Conseil de direction présidentiel,  qui mettent notamment l’accent sur la protection des civils, la préservation de l’unité de la prise de décision militaire et sécuritaire, et le rejet de tout mouvement armé en dehors du cadre de l’État.

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