
La pose complète des voies réalisée, essais techniques terminés avec succès : la ligne ferroviaire de l’extrême sud-ouest algérien entre Béchar et le gisement géant de minerai de fer Gara Djebilet sur 950 km est fin prête.
Après plus de deux ans de travaux gigantesques, le train du désert est désormais sur les rails. Il attend le feu vert pour rouler.
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La voie ferrée n’attend que son inauguration par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune qui a fixé l’échéance au mois de janvier 2026. Aucune date de sa mise en service n’est arrêtée officiellement pour le moment. Mais elle ne saurait dépasser, en principe, la fin du mois de janvier 2026, si l’on se fie aux annonces faites par des officiels.
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Considéré comme le plus grand projet ferroviaire de l’histoire de l’Algérie, cette ligne a pour objectif majeur de permettre l’exploitation et le transport par voie ferrée du minerai de fer du gisement de Gara Djebilet à destination de Béchar où il sera traité dans un complexe sidérurgique avant d’être expédié vers les usines d’acier du nord ou prendre le chemin de l’export.
À son achèvement, a indiqué l’ANESRIF, (Agence nationale des études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires), une moyenne de 10 trains de transport de voyageurs, de fret ou de produits miniers circuleront chaque jour et dans les deux sens sur l’ensemble de la ligne.
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Train du désert : 50 millions de tonnes par an de minerais de fer
À sa mise en service, cette infrastructure permettra l’acheminement de 50 millions de tonnes/an de minerais de fer à destination d’unités de transformation prévues notamment dans les régions de Béchar et de Naâma ou à destination du port d’Arzew pour l’exportation. De ces unités, il est prévu le transport également de 25 millions de tonnes de produits semi-finis.
Le groupe chinois CRCC, qui a réalisé plus de la moitié de ce chemin de fer (575 km), a indiqué avoir adapté les solutions techniques aux normes locales, en concevant des traverses en béton précontraint adaptées aux trains de fret lourd avec une charge à l’essieu de 32,5 tonnes à une vitesse de 80 km/h pour les marchandises, tout comme aux trains de voyageurs pouvant circuler jusqu’à 160 km/h.
Ainsi les jalons qui feront de l’Algérie, tel que projeté, un hub métallurgique régional, auraient été lancés. Les trains de minerais pourront atteindre une longueur de 2,2 km et comporter jusqu’à 177 wagons.
« Les trains, longs de 2,2 km avec une capacité de 100 tonnes par wagon et reliant la mine de Gara Djebilet à la zone industrielle de Bethioua (Oran), seront très très lourds », a révélé Farid Halliche, directeur central de la clientèle de la Société nationale de transport ferroviaire (SNTF), lors de son passage sur les ondes de la radio chaine 3 le 18 janvier 2026.
Concernant le transport des voyageurs, le responsable à la SNTF a indiqué que deux trains, en simultané, vont être mis en circulation. L’un prendra le départ de Béchar vers Tindouf, à 8 h 30, et l’autre viendra dans le sens inverse, c’est-à-dire de Tindouf vers Béchar, à 9 h 15.
Deux trains pour le transport des voyageurs
Selon les explications de M. Halliche, le départ se fera le matin et ces trains vont desservir les villes de Béchar, Abadla, Hammaguir, Tabelbala, Hassi Khébi, Oum El Assel, et Tindouf.
Avec cette infrastructure, les autorités algériennes visent une meilleure intégration des territoires enclavés, une réduction des coûts de transport et un repositionnement du pays sur les flux logistiques miniers de la région.
Extension du réseau ferré à 15 000 km à l’horizon 2030
Cette ligne entre dans la stratégie d’extension du réseau ferré algérien qui vise une longueur totale de 15.000 km en 2030, contre 4.722 km en 2023, selon les chiffres déclarés par l’Anesrif. Ce qui, devrait réduire davantage la pression sur le réseau routier et permettre d’améliorer la compétitivité du transport de fret, notamment pour les productions minières, industrielles et agricoles.
Par ailleurs, et en perspective de l’exploitation prochaine de cette ligne minière, la SNTF a lancé un programme technique national complet de mise à niveau, de maintenance et de réhabilitation des équipements ferroviaires suivant des standards requis en la matière et adaptées aux trains de fret lourd et au rythme d’utilisation continue.
L’entretien et les réparations des locomotives sont ainsi assurés par l’atelier de Rouiba à Alger, la réhabilitation des wagons de transport de marchandises s’effectue dans les ateliers de Mohammadia à El Harrach (Alger) alors que les ateliers implantés dans la wilaya de Sidi Bel Abbes s’occupent de la restauration des wagons et cabines dédiés aux trains de transport de voyageurs selon les normes de sécurité et de confort requises.