
Fraîchement élue à la tête de l’association France-Algérie (AFA), Ségolène Royal est attendue à Alger ce lundi 26 janvier, à l’invitation de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI). La concernée a confirmé l’information sur les réseaux sociaux.
Cette visite survient dans un contexte marqué par la reprise des tensions diplomatiques entre l’Algérie et la France après un début de dégel.
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Samedi, le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger a été convoqué au ministère des Affaires étrangères après la diffusion jeudi sur France 2 d’un numéro de Complément d’enquête consacré à la crise franco-algérienne.
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« Je m’y rends lundi pour écouter et bâtir du positif », a-t-elle annoncé dimanche sur son compte X.
« Nous devons la réconciliation aux jeunes des deux rives de la Méditerranée, entre la France et l’Algérie, le plus vaste pays du continent africain, afin de construire des projets fructueux dans les secteurs productifs porteurs d’avenir », a écrit Mme Royal.
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« Ségolène Royal a toujours tenu un discours positif sur les relations franco-algériennes, y compris en ce qui concerne le dossier mémoriel. Elle a récemment tenu des déclarations appelant à la reconnaissance des crimes commis par la France coloniale. Il faut en finir avec ce dossier qui bloque les relations entre nos deux pays pour aller de l’avant », a déclaré à Algérie Aujourd’hui Michel Bisac, le président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF).
Ségolène Royal à Alger à l’invitation de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie
Bisac a insisté sur le fait que c’est la CACI et non pas la CCIAF qui a invité Ségolène Royal, ce qui confère à la visite une forte charge symbolique dans ce contexte de tensions entre Alger et Paris.
La candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007 est l’une des voix françaises qui militent pour la fin de la crise qui dure entre les deux pays depuis juillet 2024.
Samedi dernier, elle a dévoilé, pour sa première sortie en tant que présidente de l’AFA, sa vision pour une sortie de crise rapide. Pour elle, le retour à la normale passe par la prise en charge du litige mémoriel, faisant dans ce sens plusieurs propositions, dont la restitution des archives et des objets pris à l’Algérie pendant la colonisation.
Il faudra « abattre les murs pour construire des passerelles de savoir et de respect par le dialogue, entre étudiants, entrepreneurs, chercheurs, artistes, créateurs et bien d’autres », a-t-elle dit.
À Alger, la candidate socialiste à la présidentielle française de 2007 devrait rencontrer des dirigeants algériens. Elle pourrait être reçue par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Dans un entretien accordé au journal français L’Opinion en février 2025, le chef de l’État a cité Ségolène Royal, avec notamment Jean-Pierre Chevènement, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, parmi les personnalités françaises « qui ont bonne presse » en Algérie et dans tout le monde arabe, parce qu’elles représentent « une certaine France qui avait son poids ».