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Crise Algérie – France : graves accusations de Tebboune contre Paris

Le président Tebboune s’est exprimé sur les relations algéro-françaises en affirmant que « celui qui veut humilier l’Algérie n’est pas encore né ».

Crise Algérie – France : graves accusations de Tebboune contre Paris
Tebboune a accusé la France, sans la nommer, de bloquer les discussions entre les deux pays / Par luzitanija / Adobe Stock pour TSA
Rafik Tadjer
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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est exprimé samedi soir sur les relations entre l’Algérie et la France qui traversent une crise inédite depuis juillet 2024.

« Si tu permets et en toute démocratie, je ne réponds pas en ce qui concerne la France », a répondu le chef de l’État à une question sur la visite à Alger fin janvier de la présidente de l’association France-Algerie Ségolène Royal, qu’il a reçue à El Mouradia.

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Tebboune salue le « courage » et la « franchise » de Ségolène Royal

Lors de son entrevue périodique avec les médias algériens diffusée samedi soir sur la Télévision algérienne, il s’est contenté d’exprimer tout son respect à l’ancienne ministre française, saluant « son courage, son honnêteté intellectuelle et sa franchise ». « Elle est la bienvenue », a-t-il dit.

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Une réponse qui illustre l’état des relations entre les deux pays, mais le chef de l’État a adressé des messages clairs à Paris.

D’abord sur les relations économiques entre l’Algérie et l’Union européenne. Il a accusé la France, sans la nommer, de bloquer les discussions entre les deux pays, et de « mener une guerre » économique contre l’Algérie. Il a cité l’exemple de l’exportation vers l’Europe du rond à béton algérien. « Nous avons de bonnes relations avec les pays, notamment avec nos amis italiens, espagnols, allemands, et d’autres pays ».

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Graves accusations de Tebboune contre la France

« Mais il y a certains pays qui incitent à la haine contre l’Algérie, en croyant que nous allons succomber à ces méthodes viles », a-t-il dénoncé, sans citer de noms. Le président Tebboune a dénoncé une guerre menée contre l’acier algérien en Europe.

« L’UE attribue à l’Algérie un quota pour chaque trimestre, quantité qui est totalement consommée en 12 jours, alors que 85 % des achats de l’Algérie proviennent d’Europe et que normalement il y a du libre-échange », a-t-il dit. « C’est pour cela que nous avons demandé la renégociation de l’accord d’association. En réalité, il y a un consensus, moins un », a-t-il dit, allusion à la France, qu’elle accuse sans la nommer, de « répéter ses erreurs » avec l’Algérie.

Le président de la République a cité l’embargo français contre le vin algérien au lendemain de l’indépendance, ce qui a obligé l’Algérie à « arracher ses vignobles » et à les remplacer par d’autres cultures comme les céréales.

« Après l’indépendance, ils nous ont laissé des usines de fabrication de boissons alcoolisées à Médéa, Oran, Tlemcen… Ensuite, ils ont décidé de ne plus acheter le vin algérien dans l’objectif de nous faire regretter notre indépendance. Le président Boumédiène a ordonné l’arrachage des vignobles. Ils ne veulent pas comprendre qu’il ne faut pas faire du chantage à l’Algérie », a-t-il dit. « C’est bizarre, avec les grands, on s’entend », a lancé le chef de l’État.

Laurent Nuñez est « le bienvenu » en Algérie

Dans ce contexte de fortes tensions, le président Tebboune a estimé que le projet du ministre français de l’Intérieur français Laurent Nuñez de visiter l’Algérie le « concernait ». « C’est une déclaration qui le concerne, elle ne me concerne pas. S’il veut venir, il est le bienvenu », a-t-il dit.

Sur une question concernant le dispositif exceptionnel mis en place pour le retour des ressortissants algériens en situation irrégulière et de fragilité, s’il concernait les Algériens frappés d’une OQTF en France, le président Tebboune a dit non. « Le problème des OQTF concerne les pays d’accueil », a-t-il dit.

Tebboune : « Celui qui veut humilier l’Algérie n’est pas encore né »

Le président Tebboune a enchaîné en justifiant le refus de l’Algérie d’accueillir des ressortissants frappés d’une OQTF en France durant le règne de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur (septembre 2024 – octobre 2025).

« Pour les OQTF, nous les avons refusées à un ministre parce qu’il se permettait de prendre des Algériens, que j’ai juré de protéger, de les mettre dans un avion et de les renvoyer en Algérie. Ces Algériens ont des droits. Ils vivent en France depuis 10 à 15 ans. Il faut respecter leurs droits. Si la justice ordonne leur expulsion, il y a un recours. Nous avons des accords qui régissent cela. L’Algérie doit être informée, le consul doit rendre visite à la personne frappée d’une OQTF… Si tout est en règle, il signe le laisser-passer », a-t-il expliqué. « Celui qui veut humilier ou ridiculiser l’Algérie n’est pas encore né », a mis en garde le chef de l’État.

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