
Les nouveaux ambassadeurs nommés par Donald Trump un peu partout dans le monde multiplient les sorties de piste et les incidents diplomatiques, dans le pur style du président républicain.
Mark Shapiro, le nouveau chargé d’affaires attendu à Alger, sera-t-il différent des ambassadeurs américains qui défraient partout la chronique ? Va-t-il suivre la voie d’Elisabeth Aubin, la désormais ex-ambassadrice des États-Unis à Alger ?
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Une année après son retour au pouvoir, le président américain poursuit la reconfiguration de la composante du corps diplomatique déployé à l’étranger.
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Trump n’a pas changé pour changer
Fin décembre dernier, le département d’État a notifié leur fin de mission à 29 ambassadeurs ou diplomates de haut rang en poste à l’étranger, tous nommés sous la présidence de Joe Biden, dont l’ambassadrice à Alger Elisabeth Aubin. C’est la deuxième fois que Trump remplace plusieurs diplomates d’un coup, après une première “purge” au début de son deuxième mandat.
Le département d’État avait expliqué qu’un ambassadeur est “un représentant personnel du président et qu’il est du droit du président de s’assurer qu’il dispose dans ces pays de personnes qui font avancer le programme America First”.
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Il semble que les nouveaux ambassadeurs ne font pas que mettre en œuvre la politique de Trump. Ils lui empruntent aussi son style qui balaie toute règle protocolaire ou réserve diplomatique. Ces derniers jours, ils ont provoqué plusieurs incidents simultanés dans plusieurs capitales par leur ingérence flagrante dans les affaires intérieures des États qui les accueillent.
À Paris, l’ambassadeur nommé en juillet 2025, Charles Kushner, père de Jared Kushner, gendre et conseiller de Trump, est convoqué ce lundi 23 février au Quai d’Orsay après son ingérence flagrante dans l’affaire de la mort de l’activiste de l’ultra-droite droite Quentin Deranque.
“L’extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu’il représente pour la sécurité publique. Nous continuerons à suivre la situation et espérons que les auteurs de ces violences seront traduits en justice”, a écrit Charles Kushner sur X, répétant à peu près dans les mêmes termes une précédente déclaration du bureau du contre-terrorisme du Département d’État.
“Nous n’avons aucune leçon à recevoir de l’internationale réactionnaire”, a réagi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a aussitôt annoncé la convocation de l’ambassadeur.
Paris, Pretoria, Bruxelles…: les ambassadeurs de Trump défraient la chronique
Un incident similaire est provoqué par Bill White, ambassadeur des États-Unis en Belgique depuis novembre dernier. White a accusé les autorités belges d’ “antisémitisme” et de ”persécution des juifs” après des poursuites contre trois hommes qui pratiquaient illégalement la circoncision juive.
“Un ambassadeur américain convoqué au ministère des Affaires étrangères belge, c’est très rare”, souligne la radio française RFI.
Un autre incident est provoqué à Pretoria où l’ambassadeur américain nommé en mars 2025 et fraîchement arrivé en Afrique du Sud, Brent Bozell, a usé d’un ton comminatoire à l’égard des autorités du pays.
Fervent soutien d’Israël, le diplomate a exigé le retrait de la plainte déposée par l’Afrique du Sud contre l’État hébreu devant la Cour internationale de justice (CIJ) et dénoncé ce qu’il a qualifié de “persécution” de la minorité blanche en Afrique du Sud.
Pour ces mêmes accusations, Washington avait déclaré persona non grata l’ambassadeur sud-africain Ebrahim Rasool, que le secrétaire d’État Marc Rubio a accusé d’être un “homme politique raciste qui déteste l’Amérique”.
L’ambassadeur US en Israël, un autre pro-israélien nommé en avril dernier par Donald Trump, a fait encore plus fort. Mike Huckabee a provoqué un tollé dans tout le monde arabe et musulman en soutenant ouvertement qu’Israël avait des droits sur les terres de tout le Moyen-Orient, estimant que “ce serait bien s’ils prenaient tout”.
Qu’en sera-t-il du chargé d’affaires attendu à Alger ? Mark Shapiro sera-t-il dans la continuité du style d’Elisabeth Moore Aubin, qui laisse une belle image de son passage à Alger (2022-2026), ou sortira-t-il des sentiers battus de la réserve diplomatique, comme le font certains de ses collègues nouvellement nommés ?
Le diplomate américain sera appelé, à un moment ou un autre, à s’exprimer sur les questions économiques et probablement aussi sur des dossiers internationaux comme les questions palestinienne et sahraouie.
Il reste à savoir dans quel style il le fera, dans un pays très attaché au respect des usages diplomatiques et à la non-ingérence dans les affaires intérieures des États.