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Municipales : la France résiste au discours de haine, LFI à la diabolisation

Des candidats d’origine algérienne ont réalisé de belles performances au premier tour des municipales en France tenu dimanche 15 mars.

Municipales : la France résiste au discours de haine, LFI à la diabolisation
Municipales en France : LFI résiste à la diabolisation, percée des candidats d’origine algérienne. / DR
Riyad Hamadi
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Le premier tour des élections municipales en France, tenu dimanche 15 mars, a livré un message : une frange importante de la société ne se laisse pas berner par le discours de haine et tout n’est peut-être pas perdu en prévision de la présidentielle de 2027. La défaite du courant extrémiste est toujours possible, même si le danger n’est pas complètement écarté. 

Quelques faits permettent de le penser. Les listes de La France Insoumise (LFI), principal adversaire de l’extrême droite, ont réalisé des scores surprenants malgré la campagne diabolisation qui cible le parti pour son soutien aux musulmans et à la Palestine.

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La gauche maintient l’espoir pour 2027

De nombreux candidats d’origine immigrée, notamment algérienne, tout aussi vilipendés dans le contexte de la crise France-Algérie, ont enregistré de belles performances. Enfin, la gauche a dominé le vote dans les grandes villes.  

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Il est vrai que la dynamique du Rassemblement national (RN) n’a pas été démentie. Le parti extrémiste a gardé les communes qu’il contrôlait et en a gagné de nouvelles. Marine le Pen a même salué ce qu’elle considère comme une “immense victoire pour le mouvement ». « Partout ailleurs, nous progressons, avec de réelles chances de victoire le 22 mars prochain lors du second tour”, a-t-elle écrit sur X. 

Mais LFI a aussi réalisé une “magnifique percée”, selon les mots de son leader Jean-Luc Mélenchon pour qui, les résultats des listes de son parti dans “tous les types de villes”, grandes et petites, sont le fruit d’une “stratégie et un projet” qui “ont correspondu à un état du pays et de ses attentes populaires”.  

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Les listes du parti d’extrême-gauche ont des chances de l’emporter au second tour dans des villes comme Lille, Roubaix, Limoges, Toulouse…Elles joueront également les arbitres dans les trous grandes villes de France, Paris, Marseille et Lyon. A Saint-Denis en région parisienne, l’Insoumis Bally Bagayoko a créé la surprise en l’emportant dès le premier tour, avec 50,9% des suffrages exprimés.

“D’autres villes viendront confirmer cette percée de la Nouvelle France incarnée par nos équipes : jeunes, féminisées, populaires”, a écrit Mélenchon X. 

En bonne position à Roubaix, le député David Guiraud pourrait offrir au parti sa première ville de 100 000 habitants. 

Selon le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, le parti a triplé, voire quadruplé ses résultats par rapport à ceux des dernières municipales. 

La performance de LFI est une surprise pour de nombreux observateurs au vu de la campagne de dénigrement qui le cible pour ses positions tranchées sur la guerre contre Gaza et sa défense des musulmans contre les attaques de l’extrême-droite. Ses détracteurs ne l’ont pas pardonné son refus d’accorder un soutien total à Israël dans sa guerre génocidaire contre Gaza.

France : les vraies raisons derrière les tentatives de diaboliser LFI

« Ses détracteurs, tous des soutiens d’Israël, ne lui ont pas pardonné son soutien à Gaza. C’est la seule raison derrière la campagne de diabolisation du parti de Jean-Luc Mélenchon. Il est accusé d’être un parti antisémite parce qu’il a critiqué le gouvernement extrémiste israélien et pendant ce temps, le Rassemblement national est devenu fréquentable », explique un analyste politique. 

La première lecture qui peut en être faite est que malgré la mobilisation d’une grande partie des médias, notamment ceux de la galaxie Bolloré, de l’extrême-droite et des lobbies pro-israéliens dans cette campagne soutenue, une partie importante de la France est restée insensible au discours de haine. 

Cela se confirme par la résilience du reste de la gauche (socialistes, communistes et écologistes) dans les listes sont arrivées en tête ou en tout cas en bonne position dans les principales villes de France. A Paris, Emmanuel Grégoire a nettement devancé, de dix points, la candidate de droite et lobbyiste du Maroc Rachida Dati. 

A Marseille, le maire socialiste sortant Benoît Payan, ami de l’Algérie, est au coude à coude avec le candidat RN Franck Allisio, mais avec plus de réserves au second tour pour le socialiste. A Lyon, le maire sortant écologiste Grégory Doucet a démenti tous les sondages qui donnaient Jean-Michel Aulas (droite) largement gagnant. 

A cette résilience de la gauche s’ajoutent les résultats respectables de nombreux candidats d’origine immigrée, dont des franco-algériens, qui s’apparentent aussi à des exploits dans le contexte que l’on sait.  

A Saint-Denis, Bally Bagayoko, d’origine immigrée et candidat LFI-PCF, est élu dès le premier tour. A Paris, la franco-algérienne Sophia Chikirou (LFI) est qualifiée au second tour avec plus de 11% des voix. Elle sera la clé du second tour.

Lahouaria Addouche (LFI), elle, garde de sérieuses chances de devenir maire de Lille, la grande ville du nord de la France où elle a créé la surprise en arrivant deuxième avec 23,36% des voix, tout juste derrière le candidat socialiste. 

 

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