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Amel Ferhat, une Franco-Algérienne qui travaille pour créer des échanges entre les deux rives de la Méditerranée, organise le « Roadshow » en France. Cet événement a été imaginé pour promouvoir les produits algériens dans l’Hexagone, en réponse à une demande croissante de la grande distribution et des consommateurs sur les marchés français et européen.
Du 6 au 9 mai prochain, le Roadshow commencera à Marseille puis se terminera à Lyon. Cet événement a été créé dans le but de « ramener des producteurs, des exportateurs, et même des distributeurs en Algérie pour vivre une expérience en immersion », explique-t-elle à TSA.
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La première partie se tiendra à Marseille, considérée comme la première porte d’entrée de l’exportation en raison de la présence d’un port. « Les participants rencontreront des acheteurs, des grossistes, des distributeurs et aussi des professionnels liés au métier de la logistique et de l’exportation », précise Amel Ferhat.
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La deuxième étape se déroulera à Lyon. « Nous accueillons des distributeurs, des centrales d’achat et des grossistes », poursuit-elle. Il y aura également une grande manifestation culturelle et commerciale internationale au mois de mai. « Nous aurons un espace pour faire du testing et observer la réaction du consommateur final », confie-t-elle.
Amel Ferhat cumule plusieurs expériences. Elle a commencé à la tête d’une agence de communication événementielle, puis a géré une agence de voyage en France spécialisée dans la promotion de la destination Algérie. Depuis 2020, elle se consacre à l’import-export de produits algériens. Elle est également présidente du réseau des femmes chefs d’entreprises France-Algérie (RDEFA). « Un réseau créé pour connecter les entrepreneurs algériens dans le monde et promouvoir le meilleur de l’Algérie », explique-t-elle.
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L’idée du Roadshow lui est venue à la suite de l’engouement suscité par les Journées des Produits algériens en France (JPAF). « Nous avons organisé plusieurs journées à Paris, Rungis, Toulouse et Strasbourg (…) À chaque fois, on constatait une demande accrue des produits algériens », confie-t-elle.
Des produits algériens qui se vendent dans les supermarchés français
Pour répondre à la demande, Amel Ferhat intensifie les importations depuis l’Algérie vers la France et l’Europe. Les produits sont aujourd’hui diversifiés et intéressent les Algériens de la diaspora, mais pas seulement. Depuis 2023, des produits algériens se vendent de plus en plus dans la grande distribution en France, à Carrefour, Intermarché et Supeco.
« Le directeur de Carrefour m’a dit : ‘Écoutez madame, je suis en rupture de stock’, alors que les produits avaient été livrés moins de 48 heures auparavant. C’est impressionnant, c’est une fierté, c’est un sentiment que je ne pourrais pas vous décrire », explique-t-elle.
L’importation ne se limite plus aux dattes, à l’huile d’olive ou aux boissons gazeuses. La demande s’étend à d’autres catégories :
· Produits alimentaires : miel, margarine, smen…
· Produits de droguerie : Amir, Force Express « qui cartonne en tant que dégraissant ».
· Produits d’hygiène : essuie-tout « la marque Lilas cartonne à Carrefour. »
· Produits capillaires : la marque Venus « reste indétrônable ». Ceux de la marque Viola également : « en termes de qualité et de packaging, les produits ressemblent aux produits européens. »
· Dentifrice : Miswak
· Brumes : Evoria, « fortement demandées ».
· Produits frais : notamment le melon et la pastèque.
Amel prend l’exemple du démêlant Icosium : « On a vendu une palette de 3.000 unités de ce produit. »
« À chaque fois, on nous demande de nouveaux produits que moi-même, en tant qu’Algérienne, je ne connais pas », explique Amel Ferhat. Comme « les déodorants solides ».
Cet engouement pour les produits algériens en France touche également le e-commerce. « En France, les petits e-commerces concernent surtout la cosmétique. Des jeunes Franco-Algériens vendent rapidement les produits algériens grâce à ce canal. »
« La diaspora, c’est la vitrine »
L’intérêt pour les produits algériens provient d’abord de la diaspora algérienne, qui partage ses trouvailles sur les réseaux sociaux et contribue ainsi à leur promotion.
« La diaspora, c’est la vitrine. Ils aiment promouvoir le produit algérien, c’est un outil de communication gratuit », souligne-t-elle. « Avant, les Algériens achetaient par nostalgie, par appartenance ou par fierté. Depuis 2020, c’est la qualité des produits qui les attire », explique l’entrepreneuse.
L’importation est rendue possible grâce aux membres de la diaspora. « Ils sont devenus les principaux acteurs. Avant, on ne connaissait pas le potentiel du produit algérien (…) Nous avons commencé avec des importations timides », enchaîne Amel Ferhat.
À la suite d’une forte demande, la cadence a été augmentée. « Il y avait même des clients de Suède qui demandaient les boissons Ramy N’gaouas. »
Le marché attire « d’autres communautés ». « Il ne faut pas que l’on reste les bras croisés et que l’on laisse les autres vendre nos produits à notre nom », insiste-t-elle.
L’exportation facilitée, sauf en période de Ramadan
Depuis deux ans, le gouvernement algérien met en place des mesures pour faciliter l’exportation des produits algériens : facilitation douanière et création d’un guichet unique numérique pour les exportateurs.
Amel Ferhat souligne l’importance de ces démarches : « On le vit depuis deux ans, on a constaté la volonté du gouvernement de pousser les gens à exporter », confirme-t-elle.
L’exportation est facilitée par la prise en charge de 50 % des frais de transport international des produits non agricoles et des produits agricoles périssables, selon le ministère des Affaires étrangères.
Cependant, cette facilité est limitée pendant le Ramadan. « Généralement, nous rencontrons des problèmes pendant le Ramadan ou un mois avant concernant le transport des marchandises », regrette-t-elle.
Les rotations en temps normal sont de quatre par mois ; durant cette période, elles ne sont plus qu’une seule. « Cela impacte l’arrivée des produits et leur disponibilité avant le Ramadan », ajoute-t-elle.
L’entrepreneuse souhaite également des autorisations d’exportation spéciales pour ce mois béni, comme pour « la tomate concentrée, actuellement interdite à l’exportation ».