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“Ce n’est plus une simple option, mais une orientation stratégique”. L’Algérie accorde une grande importance au stockage des céréales. Cette approche a été réaffirmée par le ministre de l’Agriculture, Yacine Oualid, à partir de la wilaya d’El Ménéa, l’un des nouveaux bassins céréaliers du sud algérien.
En appoint à la production locale qui ne couvre pas encore tous les besoins du pays, l’Algérie importe d’importantes quantités de céréales, notamment du blé tendre.
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30 silos d’une capacité de 30 millions de quintaux
L’État a aussi beaucoup investi dans les infrastructures de stockage, avec la « construction de 30 silos stratégiques d’une capacité d’un million de quintaux chacun, en plus de 350 centres de stockage de proximité », a rappelé Yacine Oualid
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Cet effort permettra à l’Algérie de porter ses capacités de stockage de 4 millions à 9 millions de tonnes, a précisé le ministre dans une publication sur les réseaux sociaux. Il s’agit, a-t-il écrit, d’une “étape décisive vers le renforcement de notre autonomie alimentaire”.
Le pays multiplie parallèlement les efforts pour le renforcement de la production locale à travers l’augmentation des surfaces emblavées et des rendements. L’objectif est de doubler les rendements des cultures céréalières, pour les faire passer de 15 à au moins 30 quintaux à l’hectare, a rappelé Oualid.
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Le stockage, un des segments de la politique céréalière de l’Algérie
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a réitéré à plusieurs reprises ces dernières années que l’autosuffisance en céréales est à portée de main si les surfaces réservées à la filière sont portées à 3 millions d’hectares, avec un rendement à minima de 30 quintaux à l’hectare. En 2024, il s’est engagé à ce que l’Algérie n’importe plus aucun quintal de blé dur à partir de 2026.
Yacine Oualid estime que la réalisation des objectifs assignés à la filière céréalière passe par l’extension des surfaces cultivées, notamment dans le sud, et l’adoption de “pratiques techniques rigoureuses”, comme les techniques d’irrigation modernes.
Le secteur, a-t-il ajouté, travaille aussi sur d’autres segments, tels que l’utilisation scientifique des engrais en fonction des analyses de sol, la sélection de variétés de semences adaptées à chaque région, ou encore la protection des cultures contre les maladies.
“Pas à pas, nous construisons une agriculture moderne, productive et durable, pour les générations futures”, a assuré le jeune ministre appelé en septembre dernier au chevet d’un secteur en mal de numérisation et de modernisation.
Le stockage des céréales : l’Algérie s’attaque au Talon d’Achille de la filière
Le stockage, que ce soit des quantités produites localement ou des volumes importés, est un segment important de la politique céréalière de l’Algérie.
C’est également le Talon d’Achille de la filière céréalière algérienne et son paradoxe. Pendant les années fastes, des camions chargés de blé font la queue pendant des heures devant les centres de stockage.
L’Algérie compte parmi les plus gros importateurs de céréales dans le monde. Afin de sécuriser les stocks stratégiques face aux fluctuations du marché mondial, 2 millions de tonnes ont été importées depuis janvier dernier.
Le dernier appel d’offres lancé par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), clôturé à la mi-mars, a permis d’acheter 690.000 tonnes de blé meunier en provenance notamment de la région de la mer Noire.