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La grande leçon à tirer aujourd’hui des évènements qui secouent le Moyen-Orient, au-delà de la dimension tragique et humaine de cette guerre, est que posséder des ressources (pétrole, gaz naturel, matières minérales) ne suffit plus à garantir la stabilité.
Il en est de même que la souveraineté énergétique s’avère être la forme la plus sensible de la sécurité économique. Cette crise prouve aussi que si l’on ne maîtrise pas la logistique et la technologie, devenues des leviers de puissance, les vulnérabilités économiques s’accentuent.
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Un autre aspect plus subtil, celui de la fiabilité des partenaires qui conditionne l’équilibre des relations contractuelles et qui pousse vers une nouvelle ère de l’économie sécurisée.
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Dépasser le caractère commercial des contrats gaziers
C’est à ce titre que l’Algérie se place d’ores et déjà devant la nécessité de dépasser strictement le caractère commercial de ses contrats d’exportation de gaz naturel, pour intégrer la qualité stratégique et la coopération avec les pays clients.
Si des possibilités supplémentaires d’exportation de gaz naturel et de pétrole sont possibles actuellement à des prix incitatifs, offrant à l’Algérie une fenêtre d’opportunité pour renforcer son rôle énergétique, il ne faut pas perdre de vue qu’elles accentuent aussi les risques liés à la dépendance aux hydrocarbures, à la volatilité des marchés mondiaux et à l’inflation importée.
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En évitant certaines options retenues par le passé, l’Algérie est tenue de renforcer sa résilience face aux conflits géopolitiques actuels, notamment par la sécurisation de ses approvisionnements et de ses exportations, tout en renforçant ses partenariats avec l’Europe, l’Afrique et l’Asie. C’est également pouvoir utiliser sa position énergétique comme levier d’influence et de stabilité.
La diversification et la densification de l’appareil productif du pays sont les garants de la résilience de l’économie nationale dans sa forte dépendance aux hydrocarbures.
Développement technologique et innovation
Le développement technologique et l’innovation seront les forces sur lesquelles doit s’appuyer l’Algérie pour se protéger des chocs externes.
Il est clair aujourd’hui que l’Algérie n’a d’autres choix que de transformer ses atouts énergétiques en leviers de stabilité et de développement durable.
La résilience, la diversification économique et le développement technologique ne sont plus des options, mais des conditions de survie et de prospérité dans un monde difficile rendu instable par les conflits géopolitiques.
Les pays du Golfe, plongés dans une économie de guerre, offrent une leçon importante : la rente énergétique, si elle n’est pas transformée en développement durable, peut devenir un piège.
*Professeur d’économie à l’université de Tizi-Ouzou