
Alors que l’Algérie s’attend à une récolte historique, la campagne de moisson de blé démarre dans le Sahara algérien, en attendant le lancement de celle du nord du pays.
À Adrar, où une ferme géante de 270.000 vaches pour 3,5 milliards de dollars est en train de sortir de terre, elle présente un aspect nouveau du fait des quantités à récolter ainsi que des moyens logistiques mobilisés par l’OAIC et Agrodrive. La wilaya d’Adrar a ainsi réceptionné cette année dix nouveaux centres de stockage.
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En cette fin avril, c’est dans la commune de Fenoughil chez l’investisseur Cheraki Salim que le lancement de la moisson a été donné.
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Pour l’occasion, le wali et l’ensemble des autorités locales étaient présents. Les services agricoles étaient également particulièrement représentés dans la mesure où Adrar est une des wilayas qui contribue le plus à la production de blé au sud.
Lors de son exposé, le directeur de l’agriculture a indiqué que 38.000 hectares sont à récolter cette année, contre 24.000 il y a un an.
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Pour l’occasion ce sont 140 moissonneuses-batteuses et 200 camions qui sont mobilisés contre respectivement 100 engins de récolte et 120 camions en 2025.
Un matériel appartenant pour l’essentiel mobilisé par la région Ouest à l’OAIC et comprenant notamment un nouveau modèle de moissonneuse-batteuse Sampo de plus grande capacité. Cette année Agrodrive apporte son concours à travers du matériel ainsi qu’un suivi en matière de maintenance.
Cette plus grande disponibilité en engins de récolte devrait permettre d’éviter les retards qui se traduisent par des risques liés à l’égrenage. Le nombre de camions mobilisés pour l’occasion est capital.
En effet, au sud, les distances entre les immenses champs circulaires et les lieux de stockage peuvent se compter en centaines de kilomètres dont une partie sont constitués de pistes qui mettent à rude épreuve les camions lourdement chargés de grains.
Des masses impressionnantes de grains à transporter
Les rendements élevés liés à la pratique de l’irrigation se traduisent également par des masses impressionnantes de grains de blé à transporter. L’efficacité de cette flotte de camions devrait être considérablement améliorée par l’entrée en service cette année de dix nouveaux centres de collecte.
Une réalisation qui fait suite au programme de renforcement des capacités nationales de stockage demandé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Ces dernières années, il est arrivé que les engins de récolte soient mis à l’arrêt en pleine journée dans l’attente du retour des camions.
Dans certains cas, ces engins ont dû vider leur trémie remplie de grains sur des bâches disposées à même le sol, ce qui implique de coûteuses ruptures de charge dans la chaîne logistique.
Une situation qui a récemment amené le Conseil national de la filière céréales à demander que les grandes exploitations soient autorisées à stocker provisoirement la récolte dans leurs propres locaux.
À Fenoughil, au niveau de la concession agricole de 1.000 hectares où s’est déroulé le lancement officiel de la moisson, ce sont 330 hectares qui ont été mis en cultures en blé dur et maïs grain.
Les immenses champs circulaires présentent une végétation dense de couleur or avec des épis portés par de longues tiges. Comme dans les grandes plaines américaines, on a pu voir jusqu’à 7 moissonneuses-batteuses procédant à la récolte en se suivant l’une derrière l’autre.
Des centaines de moissonneuse déployées
Une douzaine de camions de grande contenance ont été mobilisés pour l’occasion. L’investisseur a fait part de sa satisfaction à la suite de l’ouverture des nouveaux centres de collecte assurant un stockage à plat.
Des centres progressivement équipés de systèmes de ventilation permettant à l’air pulsé par des ventilateurs arrivant à la base des tas de grains d’abaisser la température et ainsi de réduire la multiplication des insectes s’attaquant aux grains. Les nouveaux centres de collecte présentent en effet au sol des grilles de ventilation résistantes au poids des camions.
En bordure de champs, on a pu voir plusieurs camions et véhicules légers de lutte contre les incendies. Des spécialistes mettent en garde contre les départs de flammes liés au contact entre d’une part la poussière et les brins de paille et d’autre part les organes les plus chauds des engins de récolte.
L’ensemble des moyens mis en place par la filière céréales à Adrar, grâce au soutien des pouvoirs publics, devrait permettre de récolter jusqu’à 1,6 millions de quintaux de blé cette année.
Pour la campagne de moisson-battage 2025-2026, 332 moissonneuses-batteuses, appuyées par les moyens du secteur privé, sont déployées au niveau des wilayas du Sud, en plus de 765 camions destinés au transport des récoltes vers les centres de collecte, a indiqué le ministère de l’Agriculture dans un communiqué publié dimanche 26 avril.
Le 4 avril, la société AgroDrive, filiale du groupe public Agrodiv, a annoncé l’acquisition de 331 moissonneuses-batteuses et 1.800 tracteurs auprès de l’entreprise publique PMAT.