
Le Mali a de nouveau sombré dans la violence. Samedi 25 avril, des attaques coordonnées des djihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) se sont soldées notamment par la mort du ministre de la Défense et la prise de la ville de Kidal, au nord du pays.
Cette dégradation de la situation sécuritaire dans ce pays du Sahel est la conséquence directe de « l’absence de dialogue et de la révocation » des Accords de paix d’Alger de 2015, estime le diplomate algérien Abdelaziz Rahabi.
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Tout en soulignant que ces “actions terroristes” ne peuvent être “ni justifiées ni légitimées”, Rahabi juge que “l’absence d’un dialogue inclusif est en grande partie responsable de la persistance de l’impasse politique interne actuelle”.
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Dans une analyse publiée ce jeudi 30 avril sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre algérien note aussi l’impact de la dénonciation en janvier 2024 des accords d’Alger de 2015, une décision qui, selon lui, “a acté la rupture de Bamako avec le nord du Mali et a rompu un processus laborieux de réconciliation, seul garant de la paix dans ce pays voisin, mais sans proposer d’alternatives consensuelles”.
Les accords d’Alger avaient permis de mettre fin à 7 ans de guerre et de ramener la paix dans le pays, rappelle-t-il.
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Aux autorités maliennes, qui avaient estimé que l’accord en question réduisait l’autorité de l’État central, l’Algérie avait proposé de rediscuter certaines de ses dispositions, rappelle-t-il encore.
Mais les dirigeants maliens actuels ont choisi de s’inscrire dans des « dynamiques hostiles à l’Algérie, à sa sécurité et à ses intérêts diplomatiques ».
« Cette crise a conduit également à la multiplication d’intervenants étrangers à nos frontières avec le Sahel et a transformé la région en un espace de confrontation entre les grandes puissances », a-t-il mis en garde.
“L’Algérie doit prendre part à toute initiative à ses frontières”
Aussi, déplore Abdelaziz Rahabi, les ingérences “consenties” rendent le règlement des crises encore plus complexe, comme en Libye où l’Algérie et la Tunisie, pourtant voisins directs de ce pays, ont été “marginalisées” dans la recherche d’un règlement de la crise au profit d’une douzaine d’autres acteurs.
Les pays riverains des zones de conflits ont historiquement subi les effets collatéraux sans être responsables de leur déclenchement. De ce fait, l’Algérie a “le droit d’être vigilante sur les arrangements sécuritaires régionaux qui se mettent en place autour d’elle et souvent contre elle”, estime le diplomate.
Rahabi soutient que l’autonomie de sa décision, “qui constitue le socle de sa doctrine en matière de diplomatie et de défense nationale”, devrait qualifier l’Algérie à prendre part à toute initiative à ses frontières “dans la forme qui correspond le mieux à ses intérêts en Afrique, où les peuples réclament ces dernières années davantage de politiques souverainistes vis-à-vis des grandes puissances.”