
C’est devenu une habitude en France. Au moindre fait divers commis par une personne portant un prénom à consonance maghrébine ou musulmane, c’est toute la communauté qui se retrouve désignée coupable sur les réseaux sociaux et les médias extrémistes.
Et lorsque c’est un Algérien qui est mis en cause, le déferlement de haine et de racisme est inévitable. C’est ce qui arrive de nouveau depuis la disparition d’une femme de 31 ans dans la région de Nantes, Manon Relandeau.
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Affaire Manon Relandeau : le suspect arrêté en Algérie
Tous les éléments désignent son conjoint algérien comme le coupable de sa disparition et de son très probable meurtre. La jeune femme, agricultrice de profession, est portée disparue depuis le 27 mars.
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Avant de disparaître, elle s’était plainte de violences conjugales et avait pris rendez-vous pour début avril avec une association d’aide aux femmes victimes de violences. Mais elle ne s’est jamais présentée.
Son conjoint, Abdelkrim B., 41 ans, a immédiatement pris la fuite vers l’Algérie avec la fille du couple, âgée de 15 mois, ce qui l’a désigné comme le principal suspect.
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La semaine passée, il a été arrêté en Algérie et placé en détention provisoire, a annoncé le parquet de Nantes. Au moment de son arrestation par la police algérienne, il était en compagnie du bébé.
Étant de nationalité algérienne, l’homme ne devrait pas être extradé vers la France en vertu d’un accord entre les deux pays leur permettant de ne pas extrader leurs ressortissants respectifs. Il devrait être jugé en Algérie.
Une affaire saisie au vol par le courant anti-algérien
En France, le parquet de Nantes a ouvert une enquête pour meurtre et enlèvement, et malgré d’intenses recherches, le corps de la femme demeure introuvable.
Le suspect a été condamné en 2019 pour violences conjugales sur sa précédente campagne, mais il n’a pas fait de prison.
À tous ces enfants de France, Français, qui ont des origines algériennes — et souvent la double nationalité.
Qui vivent en France. Qui travaillent en France. Qui paient leurs impôts en France. Qui ont des enfants français.
Et qui doivent trembler, à chaque fois qu’un fait divers… https://t.co/kmlBH00rpF— Isabelle Saporta (@isabellesaporta) April 29, 2026
Les faits sont d’une extrême gravité et l’indignation de l’opinion publique est légitime. Ce qui ne l’est pas, c’est cette instrumentalisation qui en est faite pour s’en prendre aux Algériens, sans distinction, voire à tous les Maghrébins et immigrés de France, avec des commentaires ouvertement racistes sur les réseaux sociaux.
Survenant dans un contexte d’hostilité du courant extrémiste envers l’Algérie et les Algériens, cette malheureuse affaire est saisie au vol par le même courant pour régler ses comptes et conforter son récit anti-algérien.
« Une musique nauséabonde »
Chose rare dans les médias français, Isabelle Saporta, éditorialiste chez RTL a dénoncé cette campagne de haine contre les Algériens de France.
« Les proches de cette femme craignent un féminicide comme il y en a une centaine par an en France (…), sauf que cette fois, le compagnon est Algérien, et on l’a bien précisé qu’il était Algérien (…) Et une petite musique nauséabonde a commencé à se faire entendre sur les réseaux sociaux, dans les commentaires des journaux : « il est Algérien comme par hasard », « il est Algérien ben voyons » (…), comme si tous les Algériens vivant en France étaient des violeurs et des assassins ».
Sur les réseaux sociaux, certains s’en sont pris au président Emmanuel Macron qui a traité de « mabouls » les partisans de la rupture avec l’Algérie. « Qui sont les mabouls maintenant« , ont demandé certains.