
Huit pays arabes et musulmans haussent le ton après de nouvelles violations israéliennes de la sacralité de la mosquée d’Al Aqsa, troisième lieu-saint de l’islam. Le silence du Maroc, dont le roi est prétendument “président du comité Al Qods” ne passe pas inaperçu.
Les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, de Jordanie, des Émirats arabes unis, du Qatar, d’Indonésie, du Pakistan, d’Égypte et de Turquie ont, dans un communiqué conjoint diffusé ce mardi 2 juin, condamné “avec la plus grande fermeté” les incursions répétées de colons israéliens extrémistes dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa et de l’esplanade des Mosquées (Haram al-Sharif), sous la protection des forces israéliennes, ainsi que le déploiement du drapeau israélien dans les lieux.
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“Ces actes provocateurs et inacceptables constituent une violation flagrante du droit international, des résolutions pertinentes des Nations Unies et du statu quo historique et juridique des lieux saints de Al Qods-Est occupée”, dénoncent les chefs de la diplomatie des huit pays qui condamnent aussi les mesures “visant à modifier le caractère historique, juridique et démographique d’Al Qods-Est occupée, et à profaner et saper le caractère sacré et le statut des lieux saints islamiques et chrétiens”.
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Mise en garde contre tout changement du statu quo d’Al Qods
Réaffirmant leur rejet catégorique de toute tentative de modifier le statu quo de la ville sainte, ils ont souligné la nécessité de le préserver, tout en reconnaissant le rôle particulier de la tutelle historique hachémite (Jordanie) à cet égard.
L’ensemble de l’esplanade des Mosquées est un lieu de culte exclusivement réservé aux musulmans et le Département des waqfs d’Al Qods et de la mosquée al-Aqsa, rattaché au ministère jordanien des Affaires islamiques, est l’autorité légalement reconnue et seule compétente pour gérer toutes les affaires de ce lieu saint et d’en réglementer l’accès, rappelle-t-ils.
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Les huit pays arabes et musulmans soulignent que “les violations israéliennes répétées exacerbent les tensions, alimentent l’instabilité et l’extrémisme, et compromettent les efforts internationaux pour instaurer la paix” et exigent “la cessation immédiate de toutes ces pratiques israéliennes illégales et provocatrices”.
Les ministres des Affaires étrangères ont par ailleurs réaffirmé leur soutien à la réalisation des droits nationaux légitimes et inaliénables du peuple palestinien, notamment son droit à la création de son État indépendant et souverain, dans les frontières du 4 juin 1967, avec Al Qods-Est pour capitale.
Le Maroc observe le silence
La veille de nombreux pays dont l’Algérie ont condamné la nouvelle offensive terrestre israélienne contre le Liban. Depuis le 2 mars, Israël a tué plus de 10.000 personnes dans ce pays où plus d’un million d’habitants ont été obligés de quitter leurs maisons pour fuir la guerre.
Il n’échappe pas aux observateurs que le Maroc garde le silence alors qu’e pendant la guerre américano-israélienne contre l’Iran, il a multiplié les interventions dans un seul sens qui est celui de condamner Téhéran, confirmant son alignement total sur Israël.
Sur Gaza où l’armée israélienne poursuit son carnage et la Cisjordanie où les colons israéliens font régner la terreur tout en continuant de chasser les Palestiniens de leurs terres, Rabat garde un silence complice.
Une défaillance qui prouve, si besoin est, que le pompeux titre de ”président du comité Al Qods” que portent les rois du Maroc depuis 1975 est en fait une coquille vide.
Le royaume, qui a normalisé ses relations avec Israël en 2020, a franchi, depuis, plusieurs étapes dans sa coopération avec sa nouvelle tutelle, y compris et surtout la coopération militaire et sécuritaire alors même que la population de Gaza se faisait massacrer.
Le Maroc s’est empêtré dans la compromission avec l’occupant israélien au point où il n’ose même plus dénoncer la profanation d’un lieu très sacré pour les musulmans.
Curieux tout de même pour un pays qui ne manque pas une occasion pour rappeler que son roi préside “le comité Al Qods”. Il y a quelques semaines, quand il fallait enfoncer l’Iran qui se faisait agresser par les États-Unis et Israël, le pays de Mohamed VI était aux avant-lignes…