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Algérie, France et Israël : les deux poids, deux mesures de l’extrême droite

L’ambassadeur d’Israël en France s’est ingéré d’une façon flagrante dans la présidentielle française, sans susciter la réaction des droites qui elles préfèrent s’en prendre à l’Algérie.

Algérie, France et Israël : les deux poids, deux mesures de l’extrême droite
L'ambassadeur d'Israël en France s'est permis de s'ingérer de manière flagrante dans l'élection présidentielle française de 2027 / Source : X / Joshua L. Zarka pour TSA
Riyad Hamadi
Durée de lecture 3 minutes de lecture
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Ce qui devait être un scandale retentissant passe presque inaperçu, du moins chez une grande partie de la classe politique française.

L’ambassadeur d’Israël en France s’est permis de s’ingérer de manière flagrante dans l’élection présidentielle française de 2027 et seule La France Insoumise (LFI) et quelques voix de la gauche s’en sont offusquées.

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Il est vrai qu’aux yeux de la droite et de l’extrême droite, seul ce qui vient de l’Algérie mérite réaction. Même le Quai d’Orsay se confine dans le silence.

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Lorsque l’Algérie s’est opposée à l’expulsion illégale d’un de ses ressortissants, le courant anti-algérien a crié à l’« humiliation » et continue de le faire à la moindre occasion. Il se confine en revanche dans le silence lorsque Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, a donné une consigne de vote directe en prévision de la prochaine présidentielle.

« Je préférerais que ce soit n’importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon », a dit le diplomate dans l’émission « Complément d’enquête » sur France 2. Zarka a aussi évoqué une récente rencontre avec la cheffe de file du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, estimant que le parti, ouvertement antisémite à sa fondation par Jean-Marie Le Pen, avait « changé ».

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Le gouvernement français appelé à réagir à l’ingérence de l’ambassadeur d’Israël

Cette déclaration a suscité un tollé chez LFI et une partie de la gauche, sans le reste de la classe politique. « Notre diplomatie n’a apparemment pas assez léché les bottes de l’État génocidaire. Malgré le soutien de la France au massacre de 100.000 Gazaouis à minima, Israël n’est pas content.

Et c’est son ambassadeur qui nous le dit depuis Paris, alors qu’il devrait avoir été expulsé depuis longtemps », a écrit sur X le député LFI Aymeric Caron.

« Une ingérence étrangère revendiquée. Dans une démocratie normale, les autorités françaises devraient réagir et condamner ce type de prises de position », a réagi pour sa part le coordinateur du même mouvement, Manuel Bompard.

« C’est un diplomate en poste. Il est supposé respecter une neutralité dans le pays où il exerce. Donc qu’il la ferme », a dit de son côté Arnaud Le Gall, député du parti de Mélenchon.

Outre chez LFI, la sortie de l’ambassadeur israélien a suscité des réactions chez les autres composantes de la gauche et certains intellectuels.

« L’envoyé par le boucher de Tel Aviv donne des leçons à la France »

Sabrina Sebaihi, députée écologiste, a déploré que « l’ambassadeur envoyé par le boucher de Tel Aviv vient donner des leçons de démocratie à la France ». Outre cette « parfaite ingérence » dans les affaires de la France, la parlementaire d’origine algérienne constate « la proximité de plus en plus assumée du régime de Netanyahou avec l’extrême-droite française ».

Une proximité qui ne surprend pas Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS). « Personne n’est surpris de voir un envoyé de Netanyahou assumer ses liens avec l’extrême droite française », a-t-il écrit, en dénonçant une « ingérence inacceptable de la part d’un ambassadeur en poste en France ». « Les Français décideront seuls de leur avenir », a tonné l’homme politique.

« Il y a belle lurette que ce représentant d’un État voyou et génocidaire aurait dû être expulsé de France » au lieu de le laisser « tenter d’influencer le vote des Français », a estimé pour sa part l’historien Fabrice Riceputi.

La droite et l’extrême-droite détournent les regards vers l’Algérie

Pour Nathalie Loiseau, députée européenne du parti Horizons, il s’agit d’une « ingérence manifeste dans notre vie politique intérieure, totalement inappropriée de la part d’un ambassadeur en poste en France et, dès lors, totalement inacceptable ».

Pas de réaction en revanche chez la droite et l’extrême-droite qui auraient crié au scandale si les propos avaient émané d’un représentant de l’État algérien, et même d’une personnalité algérienne. Justement, l’une des rares voix de ce courant à s’exprimer l’a fait pour tenter de détourner le regard vers… l’Algérie.

« Et si on parlait de l’ingérence électorale algérienne ? », a écrit la journaliste Gabrielle Cluzel dans son éditorial dans Boulevard Voltaire. Elle en veut pour preuve de cette « ingérence algérienne », les appels à faire barrage à l’extrême-droite lancés par des politiques français ayant des origines algériennes, comme Karim Zeribi. Mais il y a un détail important qu’elle feint d’ignorer : contrairement à Joshua Zarka, Karim Zeribi et les autres franco-algériens sont Français et ont le droit de ce fait de donner la consigne de vote qu’ils veulent.

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