
Madrid et Bordeaux menacées par les flammes, des incendies à Fontainebleau à proximité de Paris et même à Edimbourg, en Ecosse. Comme ces pays, l’Algérie connaît des incendies d’une ampleur inédite.
En milieu rural, des habitations et des bâtiments agricoles ont été touchés par les flammes. Le figuier de Barbarie pourrait contribuer à leur protection.
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L’année 2026 est particulière. L’hiver et le printemps ont été particulièrement pluvieux, ce qui a favorisé les cultures, mais également la végétation herbacée, notamment dans les vergers, la garrigue et les forêts. Une fois venue la canicule, l’herbe s’est desséchée et est devenue un véritable paillasson inflammable au moindre contact avec une flamme, voire une simple étincelle.
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En période de vent, tous les éléments sont donc réunis pour favoriser la propagation des incendies.
Selon la Protection civile, entre le 8 et le 22 juillet, ce sont 1.619 incendies qui ont été recensés, dont 1180 concernent les récoltes agricoles et les vergers.
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Le figuier de Barbarie, une protection traditionnelle contre les incendies
En Algérie, le figuier de Barbarie, ou opuntia, a connu un regain d’intérêt à la faveur des incendies de forêt qui ont endeuillé l’été 2021. Il est apparu que ce végétal pouvait protéger les habitations des flammes.
Selon les spécialistes, l’opuntia agit comme « un pare-feu naturel efficace contre les incendies » du fait de sa forte teneur en eau. En plus, il représente une importante source de revenus avec ses fruits et son huile anti-rides, très recherchée par les fabricants de cosmétiques.
À l’étranger, il a été remarqué que « ses haies denses et charnues ralentissent ou stoppent la progression des flammes, protégeant ainsi les habitations. »
Pour protéger contre les dégâts causés par les incendies, la direction de la Conservation des Forêts de Tizi-Ouzou encourage la plantation de haies constituées d’opuntia.
En 2024, les services forestiers de la wilaya ont lancé un appel d’offres, certes modeste, pour la réalisation d’un chantier de plantation de 8 720 m2 de haies dans les daïras d’Azazga et de Bouzeguene.
À l’étranger, les spécialistes de la prévention des incendies préconisent également de procéder au débroussaillement autour des bâtiments. Ils insistent pour ôter les herbes sèches au sol, notamment dans les pinèdes, dans un rayon autour de la maison, supprimer les arbustes ainsi que les branches d’arbres jusqu’à 3 mètres de hauteur.
Pour ces spécialistes, il s’agit de réduire « la continuité entre les strates des herbes, des arbustes et des arbres, [qui] est en effet responsable de la propagation des incendies. »
Les services agricoles d’Annaba ont lancé un appel aux agriculteurs afin qu’ils procèdent au désherbage systématique autour des parcelles moissonnées.
Dès la fin du printemps, en Algérie, certaines APC ont procédé au désherbage des abords des routes afin d’éviter les départs de feu pouvant se propager aux champs de blé limitrophes. Des équipes d’employés communaux équipés de débroussailleuses portatives à roto-fil ont été mobilisées.
Végétaux et prévention des incendies
En Algérie, la prévention des dégâts liés aux incendies à proximité des habitations, des bâtiments agricoles, voire des vergers, pourrait donc passer à l’avenir par la généralisation des haies traditionnelles et par des opérations de débroussaillement.
Les effets du réchauffement climatique et la recrudescence des incendies demanderont à l’avenir d’établir une nouvelle stratégie concernant les types de plantations.
Si le pin d’Alep présente une étonnante capacité à s’implanter dans les milieux les plus difficiles, il est particulièrement inflammable.
Ces dernières années, les plantations réalisées dans le cadre du Barrage Vert privilégient la diversification des espèces, notamment celles résistantes au manque d’eau. Dorénavant, pour les services forestiers, le défi est d’inclure le facteur incendie en recherchant des espèces moins inflammables, voire capable de repousser à partir de la souche, comme c’est le cas des oliviers.
La recrudescence et l’importance des incendies en Algérie impliquent une réflexion concernant les espèces végétales à replanter, notamment aux abords des habitations. Une approche qui concerne l’ensemble des pays méditerranéens et qui pourrait déboucher sur de possibles coopérations entre les services concernés.
Outre l’aspect végétal, la prévention contre les incendies nécessitera également de tenir compte de l’élément humain. Les spécialistes estiment que 9 incendies sur 10 sont liés à une intervention humaine, accidentelle ou intentionnelle. À ce titre, l’emploi de drones par les services de la Gendarmerie nationale a permis récemment de déjouer l’action d’un pyromane.