
Face aux graves accusations qui l’ont ciblé après l’évasion collective des jeunes marocains vers l’enclave espagnole de Ceuta, le Maroc n’avait que l’Algérie à pointer du doigt.
Pour soutenir le gros mensonge, les services marocains ont eu recours à un agent d’influence qui fait partie de ses relais à l’étranger, moyennant rétribution. La magouille n’a pas tardé à être démasquée.
A lire aussi : Jamel Debbouze : son restaurant à Paris épinglé pour vente de vins israéliens
Sur Cnews, une chaîne d’extrême droite, un intervenant a soutenu, sans preuve, que 60 % des jeunes qui ont pris d’assaut Ceuta étaient Algériens. Le mensonge a été repris par l’écrivain Tahar Ben Jelloun qui a en outre soutenu que c’est Alger qui a “appuyé sur le bouton Invasion migratoire” via une prétendue manipulation sur les réseaux sociaux.
A lire aussi : Le Sahara occidental au Ticad 2025 : nouveau revers pour le Maroc
Crise de Ceuta : un agent d’influence marocain derrière un rapport accusant l’Algérie
C’est un certain José María Chema Gil Garre qui a attribué dans un rapport l’évasion vers Ceuta à un “acteur opérationnel algérien”. Jil Garre est prétendument un spécialiste des questions sécuritaires. Il n’est en fait rien d’autre qu’un agent de la propagande marocaine.
Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero rappelle sur X les antécédents de ce prétendu spécialiste dans la défense du régime marocain.
A lire aussi : Gaza : l’ONU déclare officiellement l’état de famine et accuse Israël
“Tout le monde oublie de rappeler que Gil Garre a été choisi par les services secrets extérieurs marocains (DGED) pour défendre les intérêts du Maroc concernant le Sahara occidental au sein de la commission de décolonisation de l’ONU. Son nom est apparu dans des documents confidentiels divulgués en 2014, écrit Cembrero, un spécialiste du Maghreb. Rabat a mobilisé ses chroniqueurs en France et en Espagne”.
Gil Garre a inclus ses accusations dans un document de 70 pages établi à partir de “sources ouvertes”. Akram Kharief, fondateur du site algérien Mena Défense, a démonté la prétendue analyse avec une facilité déconcertante.
“Rabat a mobilisé ses chroniqueurs en France et en Espagne”
Cité par Maghreb Émergent, Kharief a relevé que les numéros de téléphone utilisés pour justifier un rôle de l’Algérie sont intégralement masqués, empêchant toute vérification indépendante. Il note aussi des erreurs d’amateur, comme l’attribution d’un numéro commençant par 06 à l’opérateur Djezzy, ainsi que plusieurs autres incohérences notamment chronologiques.
Cela est évident devant la clarté des évènements. Il est impensable que des dizaines de milliers d’Algériens puissent franchir une frontière hermétiquement fermée puis traverser tout le Maroc et tenter de passer à Ceuta. L’hypothèse est farfelue, de même que celle qui attribue à l’Algérie la manipulation de la jeunesse marocaine.
Mais tout cela se comprend : la propagande marocaine avait le choix entre reconnaître que le royaume est un enfer que sa population cherche à fuir par tous les moyens ou admettre que le régime a encore lâché sa bombe migratoire sur l’Espagne et l’Europe. Accuser l’Algérie est plus confortable, quitte à se couvrir de ridicule.