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Crise de Ceuta : pourquoi le Maroc n’est pas un pays fiable

La crise migratoire de Ceuta ou la marche bleue montre, une nouvelle fois, que le Maroc n’est pas un pays fiable et que sa population est prête à l’évasion à tout moment.

Crise de Ceuta : pourquoi le Maroc n’est pas un pays fiable
Crise de Ceuta : pourquoi le Maroc n’est pas un pays fiable / Par BirgitKorber / Adobe Stock
Riyad Hamadi
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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Beaucoup de lectures ont été faites autour de l’évasion collective des Marocains vers l’enclave espagnole de Ceuta fin juillet.

Une certitude demeure cependant : que ces événements soient une orchestration du régime marocain ou simplement l’expression du ras-le-bol de la jeunesse, ils portent un sérieux coup à l’image du royaume qui revendique le statut de “partenaire crédible” de l’Europe.

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Pour ceux qui estiment que le coup est préparé par les services marocains, il s’agit d’une bombe humaine lâchée pour quelque acquis diplomatique.

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Le Maroc et la diplomatie du chaos

Avec la marche verte de Hassan II, celle de Ceuta reste un cas d’école dans l’usage des flux humains dans le jeu diplomatique”, décrit le diplomate algérien Abdelaziz Rahabi pour qui, avec ce qui se passe au Sahel, une “géopolitique du chaos” s’installe désormais à nos frontières.

L’Europe aussi à des motifs sérieux de s’inquiéter. Le Maroc avait déjà exercé avec succès son chantage migratoire, faisant plier l’Espagne dans le dossier du Sahara occidental en 2022 après une vague d’assauts sur ses enclaves quelques mois plus tôt. La France a suivi en 2024, on ne sait par quel mécanisme ni pour quelle contrepartie.

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La reconnaissance par le président français Emmanuel Macron de la “souveraineté” marocaine sur le Sahara occidental est survenue après une crise déclenchée par l’espionnage de son téléphone par les services marocains via le logiciel espion Pégasus. Dans une autre affaire, les services du royaume ont été pris la main dans le sac en train de corrompre des députés européens à Bruxelles.

Engagements non tenus

Enhardi par son deal avec Donald Trump, incluant la normalisation avec Israël, le Maroc a pris le mauvais pli de faire chanter ses partenaires européens, au grand jour. C’est le cas du moins avec son voisin immédiat, l’Espagne.

Ce pays a eu tout le loisir, à travers cette affaire de Ceuta, de mesurer la fiabilité de son voisin et partenaire maghrébin. Il y a trois ans, dit-on, l’alignement de Madrid sur les thèses marocaines dans le dossier sahraoui était le fruit d’un deal prévoyant en contrepartie la fin du chantage migratoire et des revendications marocaines sur les enclaves de Ceuta et Melilla. Rabat n’a pas mis plus de trois ans pour renier ses engagements.

Certains continuent cependant à accorder du crédit à la spontanéité du rush sur Ceuta. Même dans ce cas, la fiabilité du Maroc n’en sort pas grandie, et cela pour deux raisons.

Défaillances en cascade en interne

D’abord, parce qu’il a failli dans le contrôle de ses frontières et de son territoire. Parmi les milliers de jeunes qui ont pris d’assaut Ceuta, beaucoup sont venus de villes lointaines et fait des centaines de kilomètres par route.

Pendant plusieurs jours, les migrants se donnaient le mot sur les réseaux sociaux pour faire de la “fête du trône” le jour de la grande évasion. Les services de l’État n’ont vu que du feu. Pour un pays présenté comme un modèle de développement par ses relais en France, la crise de Ceuta est venue leur rappeler que la propagande a des limites.

Un tel État ne peut être considéré comme un partenaire crédible et fiable pour une Europe dont l’un des pires cauchemars est une déferlante migratoire venue du sud, en plus de la menace sécuritaire que fait peser le terrorisme international.

Pour ceux qui démentiraient encore une telle défaillance, il reste la réalité indéniable que le système inégalitaire marocain produit de la misère et fait de chaque citoyen un candidat en puissance à la traversée de la Méditerranée. Comme quoi, la déferlante migratoire tant redoutée risque d’advenir à tout moment, que les autorités marocaines laissent faire ou pas. Dans tous les cas de figure, le Maroc est tout sauf un partenaire fiable pour l’Europe.

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