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France – Algérie : le paradoxe d’un Franco-Algérien, ancien de Daech

La France veut expulser Tewffik Bouallag, ancien de Daech, vers l’Algérie. Certains critiquent le refus d’Alger de l’accueillir. Et si c’était l’inverse ?

France – Algérie : le paradoxe d’un Franco-Algérien, ancien de Daech
Tewffik Bouallag, âgé de 43 ans, souhaite quitter définitivement la France et rejoindre l’Algérie / Source image : DR pour TSA
Sonia Lyes
Durée de lecture 2 minutes de lecture
Clock 2 minutes de lecture

Le fait est sans doute inédit : un Franco-Algérien, né et ayant grandi en France, condamné dans le même pays pour avoir combattu dans les rangs de Daech, se retrouve aujourd’hui coincé dans un centre de rétention administrative, dans l’attente d’une éventuelle expulsion… vers l’Algérie !

L’homme répondant au nom de Tewffik Bouallag, âgé de 43 ans, souhaite quitter définitivement la France et rejoindre l’Algérie, dont il détient la nationalité, selon plusieurs médias français, dont France 3, qui a reçu un courrier de la part de l’intéressé.

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Tewffik Bouallag, ancien de Daech, veut rejoindre l’Algérie

L’affaire est d’autant singulière que Bouallag est né en France, à Dreux, en 1983, et a longtemps possédé la nationalité française. Mais en novembre 2025, alors qu’il croupissait en prison, il a obtenu, à sa propre demande, d’être libéré de ses « liens d’allégeance » avec la France, selon la terminologie consacrée.

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Une démarche qui lui permettait de ne plus être Français, alors même qu’il se trouvait encore incarcéré pour des faits de terrorisme. L’homme s’était fait connaître des autorités françaises après avoir rejoint les rangs de Daech en Syrie en 2013 et 2014.

Arrêté à son retour, il avait été condamné en appel, en 2019, à treize ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

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Selon la motivation de sa condamnation, il avait notamment exprimé la volonté d’imposer la charia par la force dans les territoires conquis et affiché un rejet total des valeurs de la société française, précisent les mêmes sources.

À l’époque de son arrestation, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve le qualifiait de « dangereux et susceptible d’agir sur le sol français ».

Une appréciation qui donne aujourd’hui une résonance particulière à la situation dans laquelle se trouve l’intéressé. Car celui que les autorités françaises considéraient hier comme une menace potentielle pour la sécurité nationale demande aujourd’hui à être accueilli par un autre État.

Depuis sa libération, en avril 2026, Bouallag n’a pas retrouvé une liberté pleine et entière. À sa sortie de prison, il a été directement placé au centre de rétention administrative de Lesquin, dans le Nord, dans l’attente de son éloignement.

Le paradoxe

Seulement, l’expulsion ne peut être exécutée sans document permettant son entrée en Algérie. La préfecture du Nord affirme avoir saisi, plusieurs semaines auparavant, les autorités consulaires algériennes, qui examinent la situation, d’après ces sources.

Alger n’a cependant pas donné suite à ce stade. Le consulat d’Algérie à Lille n’a pas répondu aux sollicitations de France 3, tandis que les ministères français concernés n’ont pas davantage fourni d’explications. Le paradoxe est saisissant.

Comment la France peut-elle raisonnablement attendre de l’Algérie qu’elle accueille un homme qu’elle-même avait présenté comme « dangereux et susceptible d’agir sur le sol français », alors qu’il est né en France, y a grandi et y a été condamné ?

Si la situation était inversée, Paris aurait-elle accepté d’accueillir sur son territoire un ressortissant algéro-français condamné pour avoir combattu dans les rangs d’une organisation terroriste, après que celui-ci aurait perdu sa nationalité algérienne ?

La réponse est loin d’être évidente. Le plus ironique dans cette affaire est peut-être que la France semble aujourd’hui confrontée aux conséquences d’une décision qu’elle avait elle-même acceptée.

En permettant à Bouallag de renoncer à sa nationalité française, elle a créé une situation dans laquelle celui-ci est devenu de moins en moins Français, mais expulsable vers l’Algérie seulement si Alger accepte de le reconnaître et de le laisser entrer.

Cité par les médias, l’avocat de Bouallag, Me Romain Ruiz, parle d’un « problème insoluble » provoqué par des considérations « politiques et diplomatiques ».

Selon lui, la situation illustre les limites du mécanisme de déchéance ou de renonciation à la nationalité lorsqu’aucun autre État n’accepte ensuite de reprendre la personne concernée.

Le cas de son client, qui s’inscrit dans un contexte beaucoup plus large, est saisi par l’extrême droite pour tirer à nouveau à boulets rouges sur l’Algérie.

Lien permanent : https://tsadz.co/q8lnh

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