
En l’espace d’une semaine, le président Abdelmadjid Tebboune a pris trois décisions majeures qui marquent un tournant de sa politique sécuritaire face aux menaces internes et régionales.
L’Algérie a décidé d’adopter des réponses fortes face à l’instabilité au Sahel, au trafic de stupéfiants et aux incendies meurtriers.
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Depuis dimanche dernier, les annonces officielles s’ensuivent en Algérie, et ce, dans un contexte marqué notamment par des incendies meurtriers qui ont frappé plusieurs wilayas notamment Jijel, par la prolifération du trafic de drogue, mais aussi par une instabilité accrue au Sahel.
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1-L’Algérie envoie quatre Sukhoi Su-30 au Niger
Pour ce qui du Sahel, le ministère de la Défense nationale (MDN) a dévoilé que quatre chasseurs Sukhoi SU-30, avec un avion ravitailleur de carburant, ont été envoyés au Niger, et ce, en réponse à une demande des autorités nigériennes à la suite d’une tentative de coup d’État dans ce pays la veille.
Ces chasseurs multirôles ont atterri dimanche à Niamey. Une première dans l’histoire du pays. La décision a été prise par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
L’Algérie a apporté son soutien diplomatique et militaire au Niger dans un contexte d’accélérations de la coopération économique et sécuritaire entre les deux pays depuis le rétablissement de leurs relations diplomatiques en février dernier.
Pour Amar Belani, “le déploiement des Su-30 ne signifie pas nécessairement l’entrée de l’Algérie dans une logique d’intervention extérieure permanente”.
Cet ancien ambassadeur d’Algérie à Bruxelles et Ankara rappelle d’ailleurs que l’envoi des quatre chasseurs s’est fait en réponse “à la demande souveraine des autorités nigériennes”, ce qui fait que cela entre surtout “dans le cadre de la solidarité régionale”.
Mais Belani ne manque pas de souligner que cette démarche marque aussi l’affirmation d’une “doctrine nouvelle” dans la “profondeur sahélienne” de l’Algérie, et ce, vu que l’instabilité des États voisins impacte de manière directe la sécurité nationale.
La réponse de l’Algérie à l’instabilité au Sahel n’est pas seulement militaire. Elle est surtout économique. Avec le Niger, elle a multiplié les gestes, les projets comme la construction d’une centrale électrique, le lancement des travaux de forage du gisement pétrolier et du gazoduc TSGP qui va transporter le gaz du Nigéria vers l’Europe via ce pays et l’Algérie.
2- Réinstauration de l’exécution de la peine de mort
Peu avant l’annonce de l’envoi des quatre Sukhoi Su-30 au Niger, le président Tebboune avait déjà fait une grande annonce le même jour, lors d’une réunion au sommet de l’Etat qui a été consacrée aux incendies en Algérie : l’activation de l’exécution de la peine de mort pour les pyromanes.
Il s’agit d’une réponse pénale forte à un phénomène qui a pris de l’ampleur ces dernières années. En cinq ans, l’Algérie a fait face à deux reprises à des incendies meurtriers de grande ampleur en 2021 et en 2026. Cette mesure a été réaffirmée mercredi, lors de la tenue d’une réunion du Haut conseil de sécurité (HCS). L’Algérie, qui observe un moratoire sur les exécutions des condamnations à mort depuis 1993, se dirige désormais vers la réactivation de cette lourde peine pour les pyromanes.
Le président de la République a d’ailleurs instruit le ministre de la Justice de procéder à l’amendement du code pénal en y introduisant la peine de mort pour les pyromanes, avec exécution, et ce avant le 15 septembre prochain.
Il est à rappeler que cette décision est intervenue à un moment où les feux de forêts ont ravagé plusieurs villages en Algérie, notamment à Jijel et Béjaïa, où plusieurs pertes humaines sont à déplorer.
3-Une prison au cœur du désert de Tanezrouft pour les barons de la drogue
Outre les incendies, l’Algérie a décidé de renforcer la lutte contre une autre menace de taille. Il s’agit du trafic de drogue qui a pris des proportions effarantes ces dernières années, comme en témoignent les quantités impressionnantes de stupéfiants saisies chaque année par les services de sécurité. L’Algérie fait face à une véritable guerre hybride ou de basse intensité par les barons de la drogue et leurs commanditaires.
Pour ce faire, le Haut conseil de sécurité a décidé, ce mercredi 2 septembre, de créer un organisme de sécurité spécialisé, sur le modèle de la DEA américaine, mais aussi une prison de haute sécurité dans le désert du Tanezrouft.
Une double réponse aux barons et aux trafiquants de drogue, qui vise d’abord plus d’efficacité lors des opérations d’investigation et de terrain, mais aussi à avoir un effet dissuasif sur les criminels avant même de passer à l’acte.
La décision du Haut conseil du sécurité porte sur la transformation d’une caserne de l’Armée Nationale Populaire au milieu du désert de Tanezrouft en une prison de haute sécurité, un véritable Alcatraz à l’algérienne. De quoi pousser de nombreux trafiquants de drogue à revoir leurs copies avant de passer à l’acte.
Il est à noter que le désert du Tanezrouft est l’une des zones les plus inhospitalières du Monde. Les températures dépassent les 50°C en été et il fait très froid la nuit en hiver.