Direct Live Search
Search

Présidentielle française : l’Algérie et l’Islam s’installent dans la bataille électorale

À quelques mois de la présidentielle française de 2027, la droite et l’extrême droite actionnent l’ascenseur électoral que présente l’Algérie.

Présidentielle française : l’Algérie et l’Islam s’installent dans la bataille électorale
Selon certains experts, l’Algérie et l’islam seraient les carburants de la bataille électorale aux prochaines présidentielles en France / Photo par Leo Altman / Adobe Stock pour TSA
Riyad Hamadi
Durée de lecture 2 minutes de lecture
Clock 2 minutes de lecture

Sans surprise, l’Algérie et les musulmans sont au cœur de la bataille électorale en France. Après l’interdiction du voile islamique dans la place publique, l’extrême droite actionne l’ascenseur électoral que représente l’Algérie via l’accord franco-algérien de 1968.

À sept mois de l’échéance, l’extrême-droite, la droite dure, et même une partie du centre instrumentalisent à outrance ces thèmes porteurs au gré des résultats des sondages.

A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison

Quitte à ressasser des propositions éculées et des mesures sans incidence comme la suppression de l’accord franco-algérien de 1968 que les spécialistes qualifient unanimement de « coquille vide ».

A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »

Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN), est donnée largement en tête au premier tour et gagnante au second. Le parti extrémiste en est là grâce en grande partie à son discours populiste centré sur l’immigration, l’Algérie, la colonisation, l’islam et les questions identitaires.

Pour sauvegarder son avance confortable, le RN a avancé d’un cran dans la surenchère en proposant de sanctionner le port du voile islamique dans l’espace public. Cela, sans perdre de vue la question de la relation avec l’Algérie que d’autres candidats tentent d’instrumentaliser, comme Édouard Philippe, son poursuivant immédiat dans les sondages.

A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations

L’accord de 1968, une coquille vide au cœur de la campagne en France

L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron s’est mis à chasser sur le terrain de l’extrême-droite depuis plusieurs mois. Il est l’un des tout premiers à soutenir l’idée de révoquer l’accord franco-algérien sur l’immigration émise en 2023 par Xavier Driencourt, ancien ambassadeur à Alger. En décembre 2025, Philippe a soutenu sans ambiguïté que la colonisation de l’Algérie n’était pas un crime. Une position qu’il a réitérée fin août lors d’une visite à la Réunion.

En pleine pré-campagne pour la présidentielle de 2027, le président du parti Horizons est revenu à la charge concernant l’accord de 1968. Il a de nouveau promis de le révoquer. Il l’a fait précisément au moment où l’écart dans les sondages entre lui et Jean-Luc Mélenchon se rétrécissait, menaçant sa présence au second tour.

Dans le même temps, Édouard Philippe a repris à son compte une autre proposition qui avait permis à Bruno Retailleau de se faire élire président des Républicains en mai 2025 : engager « un bras de fer » avec l’Algérie.

« Il avait peur d’être distancé sur ce thème populiste », analyse, dans une contribution publiée sur TSA ce samedi 5 septembre, le président de l’Union des avocats franco-algériens (UAFA), Me Abderrazak Boudjelti.

Dans son texte, le juriste a démontré que cet accord ne permet « ni une invasion ni une submersion par l’immigration algérienne » et que sa suppression sera « sans conséquences graves pour les ressortissants algériens qui pourront enfin prétendre à tous les avantages du droit commun ».

Jusqu’où ira la surenchère sur l’Algérie ?

Boudjelti n’est pas le premier à démontrer que « les différents avenants intervenus depuis 1968 en ont fait une coquille vide ou presque ».

Mais le traité bilatéral continue d’être instrumentalisé comme thème de campagne, au moment où des questions cruciales comme la dette, le pouvoir d’achat et les défis climatiques devaient éclipser le reste.

Sur LCI, Jordan Bardella, le probable futur Premier ministre de Marine Le Pen, a évoqué la suppression de l’accord comme s’il s’agissait d’une décision qui déterminera l’avenir de la France.

« L’accord de 1968 qui facilite l’installation des ressortissants algériens en France sera supprimé », a-t-il réitéré, annonçant qu’en cas de victoire du RN en mai 2027, son gouvernement fera de la France le pays d’Europe le moins attractif et le moins généreux pour l’immigration de guichet social.

Le parti extrémiste veut aussi infliger des amendes aux femmes voilées, ce qui s’apparente à une interdiction de facto du port du voile dans l’espace public en France. Tout cela alors que l’on est en période pré-électorale. Les observateurs se demandent jusqu’où ira la surenchère de l’extrême-droite et de ceux qui chassent sur ses plates-bandes à mesure que se rapprochera l’échéance de 2027.

Lien permanent : https://tsadz.co/ger7j

TSA +