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Importations, investissements : « L’Algérie face à un dilemme »

L’économiste Brahim Guendouzi livre son analyse concernant les derniers changements ministériels effectués par le président Tebboune et décrypte les nouveaux défis économiques de l’Algérie.

Importations, investissements : « L’Algérie face à un dilemme »
Brahim Guendouzi décrypte les nouveaux défis économiques de l'Algérie, à savoir les nouveaux ministres et les importations / Source image : DR pour TSA
Ali Idir
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L’économiste Brahim Guendouzi livre son analyse concernant les derniers changements effectués par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la tête de trois institutions économiques : la Banque d’Algérie et les ministères des Finances et de l’Industrie.

Il revient aussi sur l’impact sur les entreprises de l’instauration du PPI et de l’exigence de renseigner des formulaires sur leurs productions.

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M. Guendouzi décrypte les nouveaux défis économiques de l’Algérie, qui a engagé d’importants investissements publics dans les mines et les infrastructures de base, mais aussi une politique visant à réduire les importations et encourager la production locale.

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Qu’est-ce qui est recherché à travers les derniers changements à la tête de la Banque d’Algérie, et des ministères des Finances et de l’Industrie ?

Brahim Guendouzi : Les nouveaux titulaires des postes ministériels des finances et de l’industrie, ainsi que le nouveau gouverneur de la Banque d’Algérie, vont devoir faire preuve de plus de concertation et de coordination autour des projets structurants que l’État met en œuvre, favorisant ainsi la croissance économique et la création des emplois.

La question du financement à partir de concours publics dans le cadre du budget de l’État de la nouvelle dynamique d’investissement et de diversification du tissu économique en cours requiert une certaine démarche consensuelle entre l’exécutif sur les priorités identifiées comme par exemple le pôle engrais phosphatés de Bled el Hadba, la rénovation du complexe sidérurgique d’El Hadjar, la mise en exploitation du gisement minier de Ghar Djebilet, ou encore l’installation d’autres stations de dessalement d’eau de mer, et la Banque d’Algérie, autour du niveau du déficit budgétaire, de la dette publique et des réserves de change.

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Il est clair, pour cette année, qu’une détente en termes de recettes extérieures en devises, compte tenu de la bonne tenue des cours du pétrole brut et de l’augmentation en volume des exportations d’hydrocarbures, va faciliter l’équation entre le financement des grands projets qui s’accaparent d’importants crédits et la nécessité de rétablir les grands équilibres macroéconomiques.

Un autre dossier à gérer est celui du financement extérieur du projet de ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset sur une longueur de 2.000 km. D’ores et déjà, la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 747,32 millions d’euros destiné à financer la première tranche du projet reliant Laghouat–Ghardaïa–El Ménéa sur une distance de 495 km.

Le ministère des Finances et la Banque d’Algérie auront dans tous les cas à se pencher avec plus d’attention et de rigueur sur l’état des finances publiques, la gestion du niveau des réserves de change et la nouvelle donne, l’acceptation de crédits extérieurs dans le cadre du financement du grand projet du train Alger-Tamanrasset.

Après le Programme prévisionnel d’importation (PPI) et l’obligation de remplir un fichier du ministère de l’Industrie sur leurs productions. Dans le contexte des changements effectués à la tête des ministères des Finances et de l’Industrie et de la Banque d’Algérie, n’y a-t-il pas une forte pression sur les entreprises ?

Brahim Guendouzi : L’Algérie fait face à un dilemme : importer pour satisfaire son marché ou se protéger pour diversifier sa production. La numérisation devient un levier efficace pour trouver un équilibre stratégique entre les deux positions.

Le ministère de l’industrie a demandé aux entreprises du secteur de déposer avant le 31 août 2026 (délai apparemment prolongé jusqu’au 15 septembre) un état de leur production industrielle physique, via une plateforme numérique mise en place à cet effet, afin de constituer une base de données sur ce qui est produit localement, les consommations intermédiaires, le niveau d’intégration intra et interbranches, etc.

De son côté, le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations exige semestriellement le dépôt d’un certain nombre de documents, via une autre plateforme numérique dédiée au programme prévisionnel d’importation (PPI), pour les besoins propres des entreprises productrices, ou encore pour les entreprises qui font la revente en l’état.

Face à ces exigences, les chefs d’entreprises, particulièrement ceux des PME, se sentent agacés par tant de documents à déposer, et que cela leur mobilise des ressources (personnel et moyens) pour être dans les délais. Ces exigences s’apparentent à une sorte de contrôle sur les activités des entreprises.

Les ministères concernés estiment qu’il s’agit d’une activité de régulation pour permettre au tissu industriel d’être performant en termes d’intégration interne, sans pour cela tomber dans l’importation excessive susceptible de porter préjudice à la production nationale, ni dans des pénuries au détriment de la satisfaction des besoins du marché national.

Toujours est-il que le recours à la digitalisation des procédures va certainement amener plus de transparence, mais également plus de célérité dans les approvisionnements en intrants, à condition que tous les acteurs jouent le jeu à fond pour construire une économie diversifiée et résiliente.

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