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Algérie – Émirats arabes unis : les cinq raisons de la rupture

Amar Belani, ancien ambassadeur algérien, explique dans cette contribution, les raisons de la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis.

Algérie – Émirats arabes unis : les cinq raisons de la rupture
Les raisons de la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Emirats/DR
Amar Belani
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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CONTRIBUTION. Dans une précédente contribution intitulée « les Émirats, un État pyromane et prédateur qui prospère sur le chaos » j’avais passé en revue les actions maléfiques de cet État confetti en Afrique et dans notre région.

La rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis annoncée ce jeudi 10 septembre par le gouvernement algérien est l’aboutissement d’années d’agressions déguisées en diplomatie, une accumulation que l’Algérie a longtemps choisi de taire par sens des responsabilités et pour ne pas ajouter à la division des rangs arabes.

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Des ingérences inadmissibles et répétées dans nos affaires intérieures

Tout a commencé par des ingérences caractérisées dans les affaires intérieures de l’Algérie. Les Émirats ont apporté un soutien actif et assumé au MAK, mouvement séparatiste classé organisation terroriste, allant jusqu’à l’inviter sur des tribunes internationales, une reconnaissance de fait accordée à ceux qui appellent à la partition de notre territoire national.

Dans le même temps, Abou Dhabi a offert refuge et protection à des criminels en col blanc en fuite face à la justice algérienne, transformant son territoire en sanctuaire pour des individus recherchés pour prévarication et détournement de fonds publics.

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Un allié opérationnel de l’axe Rabat–Tel-Aviv

À cette ingérence directe s’ajoute un appui très actif aux visées belliqueuses de l’axe Rabat–Tel-Aviv, qui ne s’est jamais limité à une convergence diplomatique de façade.

Cet appui s’est traduit dans des aspects concrètement opérationnels : ventes d’armes destinées à renforcer les capacités militaires marocaines, coopération étroite en matière de renseignement, et facilitation de transferts technologiques à visée militaire. Les Émirats ont ainsi choisi leur camp en s’alliant avec le binôme Maroc-Israël dans un contexte régional où l’équilibre stratégique du Maghreb est en jeu.

La normalisation avec Israël, matrice de la convergence Rabat–Abou Dhabi

Cette convergence ne doit rien au hasard. Elle trouve sa matrice dans les accords d’Abraham d’août et de décembre 2020, par lesquels les Émirats et le Maroc ont normalisé leurs relations avec Israël au mépris de la cause palestinienne.

Depuis, Rabat, Abou Dhabi et Tel-Aviv partagent un même axe d’intérêts sécuritaires, qui explique le caractère désormais opérationnel de leur soutien mutuel aux dépens de la stabilité algérienne.

Une tentative d’encerclement au Sahel

Plus grave encore, les Émirats arabes unis se sont immiscés dans notre profondeur stratégique au Sahel, région vitale pour la sécurité nationale algérienne.

Sous couvert d’investissements économiques et d’initiatives de coopération, Abou Dhabi a cherché à y neutraliser l’influence traditionnelle de l’Algérie, en tissant des liens avec des acteurs régionaux dans le but de renforcer la position marocaine aux portes sud du pays.

Cette manœuvre d’encerclement, aussi ambitieuse qu’illusoire, méconnaît la profondeur historique des liens qui unissent l’Algérie à ses voisins sahéliens.

Des projets toxiques sur le plan bilatéral

Sur le plan bilatéral enfin, plusieurs projets présentés comme des partenariats économiques se sont révélés être des vecteurs de prévarication, alimentant des circuits opaques où se sont mêlés intérêts privés et détournements au détriment de l’intérêt national.

Ces montages, loin de servir le développement partagé qu’ils prétendaient incarner, ont nourri une chaîne de corruption dont les ramifications dépassent le seul cadre commercial.

Face à cette accumulation d’actes ouvertement hostiles ou provocateurs, l’Algérie a fait preuve d’une patience exemplaire, mais les Émirats arabes unis ont fini par franchir toutes les lignes rouges. Abou Dhabi apprendra donc à ses dépens que l’Algérie ne transige ni avec sa stabilité, ni avec la sécurité et la prospérité de son peuple.

*Ancien Ambassadeur

 

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