
Le RCD tient son cinquième congrès, ce vendredi 9 février, à Alger en présence de nombreuses personnalités nationales dont Sid Ahmed Ghozali, Ahmed Benbitour, Abdelaziz Rahabi, Ali Benflis et d’autres personnalités étrangères venues notamment du Maroc, de la Tunisie et du Mali.
Devant plus de mille congressistes et des dizaines d’invités, Mohcine Belabbas est revenu d’abord sur l’histoire et le combat du parti qu’il préside depuis 2012.
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« Nous avons combattu, et sans relâche, un ordre politique rétrograde et violent. Un ordre qui a confisqué au peuple algérien sa victoire contre la France coloniale (…). Notre combat vient de loin, ses initiateurs sont les continuateurs du mouvement de libération de notre peuple du joug de la domination et de l’exploitation coloniales », a déclaré d’emblée le président du RCD.
« Certains disent que les partis qui réussissent sont ceux qui arrivent au pouvoir. Cela est vrai dans les pays démocratiques (…). Est-il besoin de rappeler que depuis l’indépendance, notre peuple est privé de ce droit fondamental. Au RCD, nous disons que dans le pays non-démocratiques le parti qui réussit est celui qui dit et assume les choix les plus justes pour marquer l’histoire », a-t-il soutenu.
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Mohcine Belabbas fait le bilan des réalisations du RCD depuis qu’il a été élu en 2012. « Dès l’installation de la nouvelle direction que j’ai eu l’honneur de diriger depuis 2012, nous savions que le blocage de la scène politique algérienne exigeait impérativement une offre politique sérieuse et lisible pour combattre un statu quo aussi stérile que dangereux », a-t-il avancé.
Le président du RCD qui devrait se représenter à un nouveau mandat rappelle notamment l’organisation de la conférence de Mazafran en juin 2014. « Nous demeurons convaincus, que quelles que soient les formes à mettre en œuvre, la transition démocratique est d’actualité si on veut éviter à notre pays et à notre peuple des épreuves et des aventures », a-t-il dit.
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Refus des visions claniques
Pour Mohcine Belabbas, le RCD a « une carte de visite et un passeport que même » ses « pires adversaires n’osent contester ». « Nous forçons le respect parce que nous allons de l’avant et à drapeau déployé dans un pays où la vie politique est confinée dans les non-dits et la cooptation », a insisté le président du RCD.
Pour lui, le parti assume sa « singularité ». « Nous ne sommes pas des adeptes de ces thèses orientalistes qui glorifient un chef de l’État omnipotent tout en le dédouanant des échecs de son gouvernement. Nous n’adhérons pas aux visions claniques qui expliquent qu’une fois épuisée par le clan de l’Ouest, l’Algérie doit mécaniquement basculer vers le tribalisme de l’Est », a-t-il assuré.
« C’est parce que nous avons refusé tout cela que nous sommes aujourd’hui encore debout », a estimé Mohcine Belabbas qui fustige ensuite la manière avec laquelle le pouvoir fait face à la crise économique. « Je veux donc dire à la face de ceux qui nous gouvernent que les calculs d’épicier sont à l’antipode de la gouvernance d’un pays qui a donné le signal mondial à la fin du colonialisme », a-t-il lâché.
« Notre peuple est candidat à un destin autre que celui de surveiller les prix du pétrole, les modalités d’octroi de visas par l’Europe ou les investissements spéculatifs de potentats du Golf qui, par ailleurs, sont les premiers suppôts des politiques anti-populaires, quand ils ne financent pas les organisations terroristes dans de nombreux pays », a-t-il souligné.
Hommage à Said Sadi
Dans son discours, Mohcine Belabbas a rendu un hommage émouvant au président fondateur du parti, Saïd Sadi, qui était présent dans la salle. « L’ancien président de notre Rassemblement a, à la fois, dans un souci pédagogique et dans le but de perpétuer notre combat à travers les générations, souhaité passer le flambeau. C’est un acte rare dans la vie politique de notre pays qui rehausse encore plus son auteur », a-t-il rappelé.
« Je tiens donc d’abord à rendre hommage à Said Sadi pour l’immense combat qu’il a mené et sa clairvoyance déterminante dans les moments difficiles que notre pays a vécus. Et, pour avoir été quotidiennement à ses côtés, des années durant, je tiens aussi à rendre hommage à son intégrité et témoigner de la force de ses conviction, des valeurs intellectuelles qu’il incarne et de ses incontestables qualités d’homme d’État dont l’Algérie n’a pas pu bénéficier », a-t-il dit.