
Le ministère du Commerce va publier une mise à jour de la liste des produits suspendus d’importation. « La liste ne contiendra que les produits finis. Nous avons supprimé les intrants qui nous ont posé des problèmes comme les arômes. Les utilisateurs d’arômes vont prendre la production nationale en complétant ce qui manque par l’importation. Il y a un engagement moral des opérateurs économiques. Les producteurs et les utilisateurs se sont entendus entre eux », a annoncé, ce lundi 30 avril, Said Djellab, ministre du Commerce, au Forum de la Radio Chaîne I.
La mise à jour de la liste, qui contient 851 positions tarifaires, s’est faite après plusieurs réunions avec les opérateurs économiques. « Nous avons adopté depuis janvier 2018 une nouvelle approche par filière. C’est une manière de rassembler les producteurs et les utilisateurs. De la sorte, nous avons une vision globale sur la production, les prix, la qualité et le marché. Nous avons terminé la mise à jour. Nous allons donc publier une nouvelle liste », a-t-il précisé.
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Les importations étaient de l’ordre de 11, 9 milliards de dollars durant le premier trimestre 2017. « Mais elles ont chuté à 11,2 milliards de dollars (à la même période de 2018), donc une réduction de 700 millions de dollars. Nous importions entre 3 à 4 millions de dollars de téléphonie mobile et 340 millions de céramique. Nous avons donc économisé plus de 700 millions de dollars après l’interdiction de l’importation de ces produits finis », a-t-il indiqué.
Selon le ministre, le déficit commercial était de 17 milliards de dollars en 2015 et de 11 milliards de dollars en 2017. « Et durant le premier trimestre 2018, ce déficit était de l’ordre de 490 millions de dollars. Il y a donc une amélioration de la balance commerciale. Cela est dû à la hausse des prix des hydrocarbures exportées. Mais, le problème n’est pas réglé parce que nous ne maîtrisons pas les prix du pétrole. Les importations ont baissé de 6%. C’est un résultat encourageant après la suspension temporaire d’importation de 851 », a-t-il relevé.
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Introduction de droits douaniers additionnels
« Nous étudions l’introduction d’une nouvelle mesure relative à des droits douaniers additionnels provisoires. La mesure sera introduite dans la loi de finances complémentaire 2018. Ces droits concernent les produits finis. Nous allons nous réunir avec toutes les filières durant le mois de Ramadan. Aussi, demande-je aux opérateurs économiques de s’organiser pour qu’ils aient la force dans la négociation. Les filières des produits plastique, boissons, arômes et la céramique sont déjà organisées en associations. Nous devons réduire les importations de marchandises déjà produites en Algérie pour protéger les industries naissantes et les investissements. Nous voulons donner des marges de manœuvre aux opérateurs économiques pour se développer en matière de prix, de qualité et de disponibilité », a expliqué le ministre.
Les droits douaniers additionnels seront applicables durant l’été prochain.
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Interrogé sur les critiques émises par l’Union européenne (UE) à propos de la limitation par l’Algérie des importations, Said Djellab a rappelé que le pays a décidé de mesures de sauvegarde pour l’économie nationale.
« Nous sommes dans une conjoncture difficile. L’Algérie, un grand pays, ne peut plus dépendre que du gaz et du pétrole. La crise (chute des prix du pétrole) nous a donné une leçon. Nous avons bien expliqué à nos partenaires que nous passons par une période transitoire parce que nous devons développer et diversifier notre production nationale en terme de prix et de qualité. Une production qui va remplacer les hydrocarbures à l’exportation. Ce n’est qu’après qu’on peut parler d’une économie équilibrée. C’est un problème de fond. Le dialogue existe entre experts depuis trois mois. Nous leur avons expliqué nos objectifs. Si l’UE veut être partenaire, il ne faut pas qu’elle nous regarde comme un marché. Il faut qu’elle nous voit comme un partenaire gagnant-gagnant. Si demain nous n’avons pas de quoi importer, l’UE sera également perdante. Plus de 50% des échanges se font avec l’UE qui est notre premier partenaire. Ce partenariat est le premier concerné par la transition. L’UE a compris la situation », a-t-il détaillé.
La préoccupation majeure du gouvernement est, selon lui, de rééquilibrer la balance commerciale et de diversifier l’économie.