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Abondance de paille : l’autre bonne nouvelle pour l’agriculture algérienne

En plus de la récolte exceptionnelle de blé cette année en Algérie, l’abondance de paille est une aubaine pour les éleveurs.

Abondance de paille : l’autre bonne nouvelle pour l’agriculture algérienne
Les prix actuels de la botte de paille en Algérie n’ont jamais été aussi bas / Photo par Gerhard Bögner / Pixabay pour TSA
Djamel Belaid
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La récolte de blé exceptionnelle de cette année s’accompagne d’une autre bonne nouvelle pour l’agriculture algérienne : l’abondance de paille. Un produit dont les prix n’ont jamais été aussi bas à la grande satisfaction des éleveurs de moutons.

Dans les champs, les moissonneuses-batteuses sont immédiatement suivies du passage de ramasseuses-presses qui débitent des balles de paille.

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Abondance de paille en Algérie : les prix dégringolent, les éleveurs se frottent les mains

C’est par milliers qu’elles parsèment les champs. Des balles d’une vingtaine de kilos que les ouvriers agricoles regroupent par lot d’une dizaine en attendant l’arrivée des remorques.

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Une opération manuelle qui fait dire à un agriculteur : « Au prix actuel de la botte de paille, le coût de la main-d’œuvre est tel que récolter la paille n’est plus rentable. »

Il conclut qu’il préfère en acheter et laisser la paille de ses champs au sol. Un choix délicat dans la mesure où les moissonneuses-batteuses sous licence Sampo ne sont pas équipées de broyeurs-éparpilleurs de paille.

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Les prix actuels de la botte de paille n’ont jamais été aussi bas. Traditionnellement, l’abondance de paille au moment de la moisson fait baisser les prix à 20 DA la botte. Cette année, les prix sont descendus à 18 DA, voire à 12 DA, et même 10 DA, comme l’annonce sur les réseaux sociaux un agriculteur de Tiaret. Preuve à l’appui, il filme des champs parsemés de bottes de paille en attente d’être ramassées.

Au Sud, sous pivot d’irrigation, l’abondance de paille est grande et là aussi, les bottes de 20 kilos parsèment les parcelles. À Illizi, l’entreprise AgroLina s’est équipée de ramasseuses-presses qui débitent des balles de paille de 500 kg, réduisant ainsi le coût de main-d’œuvre.

Des prix à comparer avec les mois précédents : 65 DA en novembre dernier au marché de Larbaâ et 145 DA pour le foin.

Sur les réseaux sociaux, les offres de paille et de foin se multiplient. Un agriculteur propose à la vente du foin avec possibilité de livraison sur les wilayas d’Alger, Blida, Tipaza, Médéa et Aïn Defla. Un autre met en vente 1.000 balles de foin d’avoine.

En février dernier au marché de Khemiss El Khechna, les prix étaient de 95 DA pour la botte de paille d’orge et de 85 DA pour celle de blé ; quant au foin, il fallait débourser entre 110 et 125 DA. Un agriculteur explique que la paille d’orge est plus appréciée que celle de blé et avance une explication : « on y trouve plus d’épis » oubliés par les moissonneuses-batteuses.

Si pour les éleveurs, la vente ponctuelle d’agneaux permet des rentrées d’argent, il en est de même avec la vente de paille pour les agriculteurs.

De la paille traitée à l’urée

Les éleveurs algériens se félicitent de l’abondance de paille alors que, paradoxalement, ce n’est pas le cas des spécialistes. Ils font remarquer que la paille est un aliment pauvre qui équivaut à peine à un tiers d’un kilo d’orge et dont l’intérêt est avant tout d’être un aliment de lest qui donne à l’animal la sensation de satiété.

Aussi, que ce soit en Algérie ou en Tunisie, différents traitements sont testés afin d’améliorer la richesse de la paille : broyage, traitements à la soude ou à l’urée. Dès 1997, le chercheur Hacène Yakhlef de l’École nationale supérieure d’agronomie d’El Harrach a testé l’effet de la paille traitée sur un lot de moutons. Résultat, une fécondité des brebis passant de 67 % à 100 %.

En 2026, après des tests, le chercheur Kharoubi Rachid de l’École nationale supérieure vétérinaire arrivait à la conclusion que la paille traitée à l’urée était « une amélioration de l’état sanitaire » des animaux.

L’abondance de paille et la frénésie de vente qui s’empare du marché font l’objet de débats concernant les prix, mais également du risque que font peser ces ventes sur la fertilité des sols. Sur les réseaux sociaux, l’internaute Mohamed El Amine conseille de laisser la paille se « décomposer dans le sol et se transformer en matière organique, qui augmente la fertilité du sol et améliore ses propriétés physiques ».

La paille a également été utilisée dès 1930 à Aïn el Hadjar pour la fabrication de carton et de papier. La paille reste donc un produit très recherché et son abondance cette année est une excellente nouvelle.

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