
Voilà une nouvelle affaire qui ne risque pas de renvoyer une image reluisante du football algérien. L’entraîneur d’un club de l’élite, leader du championnat, est interpellé à l’aéroport en possession d’une forte somme en devises. Décidément, on aura tout vu dans la gestion financière du championnat d’Algérie.
L’entraîneur sud-africain Rhulani Mokwena vient tout juste de rompre son contrat avec le Mouloudia d’Alger. En se présentant à l’aéroport d’Alger pour rentrer chez lui, il a été interpellé par les services des douanes.
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Selon les informations de la chaîne El Heddaf TV, reprises par le site La Gazette du Fennec, le technicien sud-africain a été pris en flagrant délit de tentative de faire sortir du territoire national une importante somme en devises. Selon la même source, les douaniers ont découvert 16.000 dollars déclarés et soigneusement dissimulés dans les bagages du désormais ex-entraîneur du Mouloudia.
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Depuis novembre 2024, la législation algérienne limite le montant qui peut être transporté par les voyageurs vers l’étranger à 7500 euros par année civile et non pas par voyage, avec présentation d’un justificatif bancaire pour les sommes supérieures à 1.000 euros ou l’équivalent en autres devises.
Rhulani Mokwena est poursuivi pour infractions à la législation de change, selon le même journal qui ajoute que son dossier est transféré au tribunal de Dar El Beida (Alger), territorialement compétent.
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D’où proviennent les devises ?
Cette affaire soulève de nouveau des interrogations sur les pratiques qui ont cours dans la rémunération des techniciens et des joueurs des clubs algériens. En principe, en sa qualité d’étranger disposant d’un contrat de travail légal en Algérie, l’entraîneur a le droit de transférer le revenu de son travail vers son pays, en devises et par les circuits bancaires.
Mokwena a-t-il été payé en devises et au noir ? Une telle pratique est en principe inconcevable pour un club financé et géré par Sonatrach, la première entreprise du pays. Ou alors a-t-il perçu son dû en dinars et a fait lui-même le change au marché parallèle ? On n’en sait pas davantage à ce stade.
Rhulani Makwena, 39 ans, a pris en main la barre technique du Mouloudia d’Alger en juillet 2025. Selon plusieurs sources médiatiques, il percevait un salaire mensuel de 27.000 euros. Sous sa direction, le club a dominé le championnat national, se classant à la première place avec une avance confortable. Mais il est contesté après l’élimination du Doyen en ligue des champions d’Afrique et en coupe d’Algérie.
Vendredi 13 mars, il a annoncé aux dirigeants du club sa décision de partir. “Son contrat comporte une clause qui lui permet de quitter son poste dès qu’il le souhaite, contre le paiement de seulement deux mensualités. Justement, Mokwena a décidé d’activer cette clause et personne ne peut l’en empêcher”, a expliqué la direction du MCA dans un communiqué.
Avant d’atterrir en Algérie, Makwena avait notamment entraîné le Wydad Casablanca (Maroc) et le Mamelodi Sundowns (Afrique du Sud).
Pour le remplacer, le MCA qui est la propriété de Sonatrach a choisi un entraîneur étranger : le Tunisien Khaled Ben Yahia.