
La réaction d’Alger ne s’est pas fait attendre après la diffusion, jeudi, d’un numéro de l’émission Complément d’enquête consacrée à la crise France-Algérie sur la chaîne de télévision publique française France 2. Le chargé d’affaires de l’ambassade de France en Algérie a été convoqué ce samedi 24 janvier au siège du ministère des Affaires étrangères.
Après plus de deux ans de grave crise, les relations algéro-françaises ont connu ces derniers mois un début de dégel marqué par la reprise des contacts entre les deux pays avec une invitation d’Alger au ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez. Cependant, les relations franco-algériennes reviennent à la case zéro après la diffusion de cette émission.
A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison
Dans sa réaction, l’Algérie a dénoncé la teneur de Complément d’enquête comme étant « un tissu de contre-vérités profondément offensantes et inutilement provocatrices » et fustige une volonté de maintenir les relations algéro-françaises « dans un état de crise permanente », tout en se réservant le droit de « donner toutes les suites qu’appelle la gravité de tels agissements ».
A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »
« Un tissu de contre-vérités »
Dans un communiqué repris par l’agence APS, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que la convocation du chargé d’affaires de l’ambassade de France est intervenue consécutivement à la diffusion par la chaîne publique France 2 de ce qui est abusivement présenté comme un documentaire, mais qui « n’est en réalité qu’un tissu de contre-vérités profondément offensantes et inutilement provocatrices ».
Depuis le rappel de Stéphane Romatet en avril 2024, la représentation de la France en Algérie est assurée par un chargé d’affaires. Celui-ci s’est vu signifier au siège du MAE des faits liés à ce documentaire et qui sont d’une « extrême gravité ».
A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations
Le MAE a d’abord noté la responsabilité d’une chaîne de service public français dans cette « véritable agression contre l’État algérien, ses institutions et ses symboles ». « Une agression que cette chaîne publique ne se serait jamais autorisée sans la complicité ou à tout le moins l’assentiment de sa tutelle publique », estime la diplomatie algérienne.
Celle-ci souligne aussi la participation de l’ambassade de France et de l’ambassadeur Stéphane Romatet en personne à « l’animation de cette campagne outrageante menée par cette chaîne publique », ce qui est contraire « à toutes les pratiques et coutumes diplomatiques », et renforce le sentiment que cette campagne « a bénéficié d’une onction de services officiels français ».
Communiqué du @Algeria_MFA⬇️ pic.twitter.com/RDeykG2cmF
— Ambassade d’Algérie en France سفارة الجزائر بفرنسا (@ambalgerieparis) January 24, 2026
« Une nouvelle étape dans l’escalade »
Pour le gouvernement algérien, l’agissement de France 2 représente « une nouvelle étape dans l’escalade des menées anti-algériennes que des milieux officiels français entretiennent à des fins de maintien des relations algéro-françaises dans un état de crise permanent ».
Tout en condamnant avec « une extrême vigueur l’émission en cause et la teneur inqualifiable des accusations et des offenses qu’elle véhicule à propos de l’État algérien et de ses institutions », le gouvernement a aussi exprimé sa « très forte désapprobation de l’implication de l’ambassadeur de France à Alger dans la commission d’actes manifestement contraires à l’exercice de sa mission telle que codifiée par les lois et consacrée par les coutumes internationales ».
Le communiqué du ministère des Affaires étrangères conclut en informant qu’il a été notifié au chargé d’affaires de l’ambassade de France que le gouvernement algérien « se réserve le droit de donner toutes les suites qu’appelle la gravité de tels agissements ».