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Algérie : l’humilité et la complémentarité, l’engagement des scientifiques de la diaspora

Elias Zerhouni a envoyé des messages clairs et rassurants sur le rôle du Haut conseil des scientifiques de la communauté algérienne à l’étranger.

Algérie : l’humilité et la complémentarité, l’engagement des scientifiques de la diaspora
« Nous sommes à l’étranger, mais pas des étrangers » : le message d’Elias Zerhouni sur le rôle des cerveaux la diaspora algérienne. / Photo par mehdi33300 / Adobe Stock pour TSA
Rafik Tadjer
Durée de lecture 2 minutes de lecture
Clock 2 minutes de lecture

Une nouvelle ère s’ouvre pour les compétences algériennes expatriées avec la création du haut conseil des scientifiques algériens établis à l’étranger.

Dans leurs déclarations, des éminences comme Belkacem Haba, Yasmine Belkaid, Elias Zerhouni ou Karim Zeghib, avec des dizaines d’autres, ont donné l’impression de n’attendre qu’une telle opportunité pour se mettre au service du pays qui les a mis sur les rails du savoir.

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Surtout, ils le font avec beaucoup d’humilité, sans un soupçon de paternalisme qui aurait pu créer des susceptibilités néfastes. Ils viennent en complément aux compétences locales dont ils reconnaissent presque en chœur les qualités. La démarche à toutes les chances de déboucher sur des succès et des satisfactions.

Un premier noyau pour ouvrir la voie 

Le conseil, constitué d’un “premier noyau” de 39 membres, a tenu sa réunion constitutive à Alger en juin dernier. Fin septembre, ils ont été reçus par le président de la République Abdelmadjid Tebboune.

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L’Algérie est maintenant passée à une autre étape, celle d’une vision et d’une stratégie globales visant à tirer parti de ses cerveaux expatriés dans tous les domaines de la connaissance.

Les membres du conseil ne sont qu’un premier noyau et la partie visible des cerveaux algériens installés partout dans le monde et qui se comptent par “milliers”, comme l’a signalé le professeur Elias Zerhouni, coordinateur du conseil. Il s’agit de leur ouvrir la voie, de mettre en place des réseaux et de créer des traditions de coopération avec “cette force stratégique” dont l’Algérie dispose à l’étranger.

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“Faire quelque chose ensemble pour le pays”

A l’issue de l’audience accordée par le chef de l’Etat aux membres du haut conseil, Karim Zaghib a expliqué humblement à Canal Algérie que lui et ses collègues ne viennent pas dans un désert scientifique et économique. “On a un écosystème exceptionnel”, a-t-il dit, citant les potentialités naturelles du pays et le capital humain. “Il y a aussi des compétences en Algérie qui mettent la main à la pâte”, dit-il.

“Actuellement en Algérie, nous avons toutes les capacités, il y a des jeunes qui se distinguent dans des compétitions internationales. L’idée est de faire quelque chose ensemble pour le pays, nous qui connaissons l’étranger et eux qui connaissent l’intérieur du pays”, a déclaré pour sa part Elias Zerhouni, éminent professeur en sciences médicales installé aux États-Unis. Il est donc question de créer une complémentarité et nullement de prendre la place de qui que ce soit.

Zerhouni ne manque pas une occasion pour rappeler les pas de géant fait par l’Algérie dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement.

“Quand nous sommes partis, il y avait quatre ou cinq universités, aujourd’hui nous avons 57 universités et 1,7 million d’étudiants. Ça veut dire que l’Algérie a le capital humain nécessaire”, a-t-il répété à la Télévision algérienne.

“Installés à l’étranger mais pas des étrangers”

Yasmine Belkaid a elle aussi réservé ses premiers mots à “l’énorme potentiel” de l’Algérie qui peut lui permettre de faire “des avancées majeures en intelligence artificielle” par exemple.

“Il y a des étudiants de très très haut niveau en mathématiques, en médecine, en biologie, il y a un potentiel humain qui est magnifique”, a-t-elle reconnu.

Toutes ces compétences ont occupé les plus hautes fonctions scientifiques possibles à l’étranger, chacun dans son domaine. Pour ne citer que les plus connus, Belkacem Haba est l’un des chercheurs qui disposent du plus grand nombre de brevets aux États-Unis. Elias Zerhouni a été nommé en 2002 par le président Bush à la tête des National Institues of Health. Yasmine Belkaid est depuis 2024 la directrice générale de l’Institut Pasteur Paris.

Ce qui ne les a pas empêchés de venir avec une humilité frappante. “Nous sommes installés à l’étranger mais nous ne sommes pas des étrangers”, dit Elias Zerhouni. Pour Yasmine Belkaid, elle et ses camarades sont venus “redonner à l’Algérie ce qu’elle leur a donné”.

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