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Algérie : Sonelgaz, fabrique d’électricité et de…ministres

Sonelgaz, monopole public de l’électricité et du gaz, produit aussi des ministres. Un cas presque unique en Algérie.

Algérie : Sonelgaz, fabrique d’électricité et de…ministres
Sonelgaz, fabrique d'électricité et de…ministres en Algérie. | source : Radio Algérie
Riyad Hamadi
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Sonelgaz, la société algérienne d’électricité et de gaz, est aussi une fabrique de hauts cadres et de ministres.

Un autre ancien PDG de la boîte vient de faire son entrée au gouvernement à la faveur du remaniement effectué dimanche 14 septembre par le président de la République Abdelmadjid Tebboune. Un cas presque unique en Algérie.

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Mourad Adjal, PDG de Sonelgaz depuis décembre 2021, est devenu ministre de l’Energie et des Énergies renouvelables. Il est le quatrième patron de l’entreprise à être propulsé à la tête du secteur de l’énergie en moins de 10 ans.

C’est devenu un rituel depuis 2016 : presque tous les ministres de l’Énergie sont issus de Sonelgaz, à l’exception de Abdelmadjid Attar, qui a dirigé le département pendant huit mois, entre juin 2020 et février 2021. 

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En juin 2016, le président Abdelaziz Bouteflika a choisi Noureddine Bouterfa, PDG de Sonelgaz depuis 2004, comme ministre de l’Energie.

M. Bouterfa est resté à la tête du secteur jusqu’en mai 2017, assurant aussi pendant deux mois l’intérim du ministère des Ressources en eau.

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À son départ, il est remplacé par Mustapha Guitouni, qui l’avait remplacé à la tête de Sonelgaz une année plus tôt. En avril 2019, Guitouni a cédé à son tour sa place de ministre de l’Energie à son successeur à Sonelgaz, Mohamed Arkab.

Celui-ci fera de vieux os à la tête du secteur, bien qu’il a dû se contenter entre juin 2020 et février 2021 du portefeuille des mines, laissant celui de l’énergie à Abdelmadjid Attar.

 

Quatre anciens de Sonelgaz nommés ministres de l’Energie 

 

La parenthèse Attar est fermée en février 2021 et Arkab a hérité du super ministère de l’Energie, des Mines et des Énergies renouvelables, avec en sus le grade de ministre d’État, qu’il garde toujours.

Dans le gouvernement de Sifi Ghrieb, nommé le 14 septembre 2025, le département est réorganisé en deux ministères : un pour les hydrocarbures et les mines, confié à Mohamed Arkab, et un autre pour l’énergie et les énergies renouvelables attribué à Mourad Adjal, jusque-là PDG de Sonelgaz.

De Bouterfa à Adjal, tous les anciens de Sonelgaz devenus ministres ces neuf dernières années ont un point commun : ils sont tous des enfants de la boîte, ayant fait toute leur carrière au sein de l’entreprise d’électricité et de gaz. 

Bouterfa, titulaire de plusieurs diplômes supérieurs obtenus en Algérie et à l’étranger, a commencé en 1974 comme chef de projet des premières grandes centrales électriques en Algérie.

Après avoir occupé plusieurs postes de responsabilité, il devient en 2021 PDG de l’AEC (Algerian Energy Company, filiale de Sonelgaz), puis PDG du monopole public de la distribution du gaz et de l’électricité en 2004. 

Mustapha Guitouni a, lui, débuté au bas de l’échelle, comme agent d’aide, au début des années 1970. Mais il a vite gravi les échelons, jusqu’à devenir directeur de la Société de distribution d’Alger (SDA, direction régionale de Sonelgaz) en 2008, puis PDG en 2016.

Mohamed Arkab a aussi fait toute sa carrière à Sonelgaz entre 1990 et 2019, occupant notamment les fonctions de directeur de la filiale CEEG-Spa (Compagnie de l’Engineering de l’Electricité et du Gaz) et de de PDG du groupe de 2017 à 2019. 

 

Sonelgaz, des performances qui plaident pour ses cadres ? 

 

Le nouveau ministre, Mourad Adjal, est lui aussi un pur produit de Sonelgaz. Diplômé en électricité à Annaba et en management à Paris, il a rejoint Sonelgaz dans les années 1990, comme ingénieur d’études à El Tarf.

Pendant sa carrière, Adjal a été successivement directeur de la distribution à Tissemsilt, Chlef, Annaba et Skikda, directeur de la filiale Sopieg, directeur de la distribution Est, directeur de la Société algérienne de distribution de d’électricité et du gaz et enfin PDG du groupe entre 2021 et 2025.

Ce choix porté par les hautes autorités du pays sur les anciens de Sonelgaz pour diriger le ministère de l’Energie depuis près de dix ans peut s’expliquer par la bonne marche et les performances de l’entreprise.

Deuxième société du pays en termes de chiffre d’affaires après Sonatrach, Sonelgaz est relativement épargnée par les scandales de corruption. Seul un ancien PDG, Noureddine Bouterfa en l’occurrence, est rattrapé par une affaire de malversation qui lui a valu d’écoper de 5 ans de prison en avril 2023.

Sur le plan du développement et de la qualité de service, Sonelgaz a propulsé le pays aux standards des pays développés en matière d’alimentation en électricité (taux de couverture de 99%, avec très peu de coupures) et en gaz (70% de taux de couverture). 

Le seul reproche qui peut être fait à Sonelgaz est sa lenteur dans la diversification de ses sources de production d’électricité, avec une part toujours prépondérante pour les énergies fossiles, précisément le gaz, dans la production d’électricité. 

Néanmoins, à sa décharge, il faut dire que la transition énergétique est une affaire qui relève d’abord des politiques publiques avant d’être celle d’une entreprise économique. 

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