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Algérie : un plan en 3 points pour relancer l’élevage

Le ministre de l’Agriculture Yacine Oualid a dévoilé un plan en trois points pour relancer l’élevage notamment de moutons en Algérie

Algérie : un plan en 3 points pour relancer l’élevage
Le plan en 3 points de Yacine Oualid pour la relance de l’élevage en Algérie / Par JK2507 / Adobe Stock
Djamel Belaid
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Alors que le prix des moutons atteint de nouveaux sommets en Algérie, Yacine Oualid, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche annonce un plan en 3 points en soutien à la filière. Un plan détaillé lors d’une récente séance plénière de questions orales au Conseil de la nation.

Yacine Oualid a d’abord été interrogé par un sénateur sur certaines pratiques signalées par des éleveurs au niveau de la Direction des services agricoles de la wilaya d’Ouled Djellal.

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En réponse, le ministre a annoncé qu’une commission d’enquête devrait être dépêchée sur place et qu’il tenait avant tout à ce que l’administration facilite les démarches des agriculteurs et des éleveurs et non pas l’inverse.

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Plan contre la sécheresse

Il a ensuite précisé le contexte dans lequel évolue actuellement la filière ovine en Algérie : une sécheresse à l’automne qui a réduit l’offre en fourrage.

Face à cette situation, il a indiqué qu’au 23 décembre 2025 plus de 1,972 millions de quintaux d’orge avaient été mis à disposition des éleveurs. Une opération dont plus de 110.000 éleveurs ont bénéficié.

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Des quantités qui représentent une hausse par rapport à 2024, alors que plus de 1,6 millions de quintaux avaient été distribués à près de 97 000 éleveurs.

En plus de la production locale, l’Office algérien des céréales (OAIC) a lancé à la mi-novembre un appel d’offres international pour importer 50.000 tonnes d’orge. Des importations que répertorie l’USDA : près de 480.000 t. en 2023-2024, 92.988 t. en 2022-2023 et 772 431t. en 2021-2022.

Cette attention portée à l’approvisionnement des éleveurs en orge a été suivie d’une réorganisation de la vente du son de blé visant à éradiquer les phénomènes de spéculation.

Plan pour la numérisation de la filière

Yacine Oualid a également détaillé les mesures prises pour préserver le cheptel national. Ainsi, un projet de texte législatif est en cours d’élaboration afin d’organiser les différentes filières d’élevage.

C’est dans ce cadre qu’il est prévu l’identification numérique du cheptel ovin et bovin sur tout le territoire national. Les services agricoles bénéficient de l’expérience de pays étrangers en la matière.

Dans certains pays, les éleveurs achètent eux-mêmes une pince spéciale ainsi que des boucles en plastique portant le numéro d’immatriculation de leur élevage avec un numéro d’ordre pour chaque animal. La pose des boucles doit intervenir dès les premières semaines de la naissance de l’animal et aucun animal ne doit circuler sans boucle.

Le ministre a également fait état de « la criminalisation de l’abattage d’agnelles ». Cet abattage se traduit par une baisse du nombre d’agneaux et donc de la hausse de leur prix de vente. En novembre 2024, un agneau de trois jours avait été proposé au prix de 35.000 DA.

Plan vaccination des animaux

Le plan ministériel prévoit également un volet sanitaire signe de l’importance accordée au suivi vétérinaire du cheptel.

Le bilan s’établit ainsi en 2025 à un total de près de 15 millions de têtes vaccinées dont près de 13 millions ovins vaccinés contre la peste des petits ruminants. Quant aux vaccins, ils sont fournis gratuitement aux éleveurs.

Le ministre a souligné que ces actions visent à renforcer la résilience des éleveurs et la sécurité alimentaire du pays.

La décapitalisation observée chez des éleveurs se traduit par un abattage des agnelles consécutif au renchérissement des fourrages.

Nombreux sont les éleveurs qui vendent une partie de leurs animaux pour acheter des fourrages grossiers (paille, foin) ou concentrés (orge, son, aliments des fabricants) pour nourrir leur cheptel restant.

Quid du Conseil national scientifique de la souveraineté alimentaire ?

Cependant, la sécheresse n’est pas la seule cause de la réduction de la disponibilité en fourrage, il y a également la surexploitation des parcours steppiques. La pratique initiée par les services agricoles de la mise en repos de ces parcours sous forme de « Mahmiyates » avant location est très appréciée des éleveurs.

Dès 2014, l’expert Abdelkader Khaldi auteur d’une étude sur « La gestion non–durable de la steppe algérienne » alertait sur les conséquences de la vente d’orge aux éleveurs. Cette mesure a « un effet pervers » à travers : « le maintien de troupeaux importants dans un espace [la steppe] déjà soumis au surpâturage ».

En 2000, une étude du ministère de l’Environnement indiquait que « dans son état actuel la steppe ne peut supporter, compte tenu de ses possibilités de régénération naturelle, que 4 millions de têtes ».

En plus de l’orge, Abdelkader Khaldi pointe une autre cause de la trop grande présence de moutons sur les parcours steppiques : « L’exemption fiscale accordée à l’activité de l’élevage ».

Lors de son intervention, le ministre Yacine Oualid a évoqué le projet de loi organisant le foncier agricole qui devrait prochainement être soumis au Gouvernement. Il devrait répondre notamment à la situation des éleveurs confrontés aux difficultés d’accès au foncier.

Fin novembre, sur la chaîne Ennahar TV, un éleveur témoignait : « sans forage pour produire des fourrages pour ses moutons, les éleveurs sont en difficulté car les fourrages sont devenus trop chers »

Il poursuivait : « La terre est essentielle. Ceux qui ont de l’argent et sèment des fourrages sont gagnants. Dans ces conditions, celui qui démarre avec 10 brebis peut arriver à constituer un troupeau de 2 000 têtes à condition de semer de l’orge pâturée en vert, du sorgho ou de la luzerne. »

Réaliste, il faisait remarquer : « Mais moi je n’ai pas les moyens, il faut disposer d’une aide de l’État pour réaliser un tel forage ».

Face aux attentes de la filière ovine, il reste au Conseil scientifique national de la sécurité alimentaire à proposer une stratégie spécifique aux territoires steppiques souvent appelés à juste titre le « pays du mouton ».

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