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Ali Benflis : « La situation exige un grand compromis national »

Ali Benflis : « La situation exige un grand compromis national »

Afin de sortir de la crise actuelle, Ali Benflis plaide pour un grand compromis national. « Notre pays est face à une impasse alors que, pour la surmonter, le temps lui est chichement compté », dit d’emblée le fondateur de Talaie al Houriyat dans un long entretien publié dans l’édition de ce mardi 25 juin du Quotidien d’Oran.

Benflis estime que les lignes de clivage actuelles sont un signe de vitalité et sont surtout surmontables. « Les lignes de clivage sont globalement au nombre de trois et portent, respectivement, sur la Constitution, sur la transition et sur les présidentielles ou la Constituante… Ces contradictions sont un signe de vitalité démocratique comme nous en rêvions pour notre pays depuis bien longtemps (…) Tous les enjeux de cette phase sont de substituer à ces lignes de clivage des lignes de rapprochement et d’effacer les points de divergence au profit de points de convergence », explique-t-il.

« En conséquence, ajoute-t-il, cela ne peut se faire que par le dialogue franc, confiant et crédible. Dans l’histoire des nations il y a des moments comme ceux que nous vivons qui exigent un grand compromis national. L’État national dont des générations ont payé la création au prix le plus lourd mérite ce grand compromis national ».

Plus clairement, il propose de partager la poire en deux entre les partisans de la voie constitutionnelle et les défenseurs d’une solution politique. « Face à la situation exceptionnelle que vit notre pays, la sortie de crise ne peut être purement constitutionnelle tout comme elle ne peut être purement politique. L’on doit pouvoir s’appuyer tout à la fois sur les leviers politiques et les leviers constitutionnels encore disponibles pour écourter la durée de la crise et éviter à notre pays d’avoir à payer son règlement au prix le plus fort. Ici, tout est question de volonté politique, de confiance et de sens des responsabilités », explique-t-il.

À propos de la période de transition, l’ancien chef de gouvernement appelle à éviter les « querelles sémantiques » et explique que « la transition proprement dite interviendra avec l’élection du président de la République et le mandat de transition que le peuple algérien lui-même lui aura confié ».

Néanmoins, même s’il assure ne pas avoir « d’à priori ou d’idées préconçues sur la formule de règlement de la crise », Ali Benflis ne semble pas être favorable à l’élection d’une assemblée constituante. « En mon âme et conscience je me dois de dire que la Constituante comme point de départ du règlement de la crise est l’archétype du piège fatal dans lequel notre pays ne doit pas tomber (…) La place de la nouvelle Constitution est dans le mandat de transition. Elle ne peut être ailleurs sans engager le pays dans un engrenage incontrôlable et dans une voie sans issue… Je le dis en toute franchise et en pesant soigneusement mes mots : comme source potentielle de dérives et de dérapages, il n’y a pas pire qu’une Constituante livrée à elle-même », tranche-t-il.

À propos des divergences qui commencent à apparaître dans les positions des formations de l’opposition, Benflis n’y voit rien d’anormal. « L’opposition n’est pas et n’a jamais été une entité monolithique. Elle est diverse et plurielle. Cela est parfaitement naturel et normal. Dans notre pays il n’y a pas une opposition mais des oppositions, chacune avec ses obédiences idéologiques, son positionnement politique, sa vision de la sortie de crise et ses stratégies ou ses intérêts propres. Je le répète, une fois encore, il est sain et il est profitable pour la vie démocratique qu’il en soit ainsi », assure-t-il.

S’agissant du rôle de l’ANP dans le règlement de la crise, il estime qu’il ne devrait pas être « celui de l’ordonnateur mais celui du facilitateur. Il n’est pas celui du guide mais de l’accompagnateur. Il n’est pas celui du maître d’œuvre mais celui du garant ».

Enfin, concernant la polémique sur la bannière amazighe, le président de Talai al Houriyat trouve qu’il n’est « pas particulièrement utile de rouvrir un dossier que nos compatriotes ont clos de la plus belle des manières ». « Vendredi dernier, la révolution démocratique pacifique a fait l’une des plus belles démonstrations d’unité nationale. C’est l’Algérie riche de son pluralisme et de sa diversité qui est sortie triomphante et plus soudée que jamais », se félicite-t-il.

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