
Alors qu’il purge des peines cumulées de 40 ans de prison depuis 2023, Rached Ghannouchi est encore plus lourdement condamné.
Le leader du mouvement tunisien Ennahdha, âgé de 84 ans, a écopé mardi 2 juin de la prison à perpétuité, assortie de 32 ans de prison.
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Le pôle pénal antiterroriste de Tunis a prononcé des peines particulièrement lourdes contre plusieurs dirigeants de l’ancien parti au pouvoir, jugé dans l’affaire dite de “l’appareil secret”.
La justice tunisienne reproche aux dirigeants d’Ennahdha d’avoir mis en place au sein du mouvement un “appareil secret” en vue de commettre des actes terroristes.
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Perpétuité pour plusieurs dirigeants d’Ennahdha
L’affaire a éclaté en 2022 suite à une plainte déposée par le ministère public et les avocats des familles des deux dirigeants politiques assassinés en 2013, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Le collectif a accusé le mouvement islamiste d’être impliqué dans les assassinats.
Au total, 35 personnes ont été jugées lors de ce procès, dont l’ancien Premier ministre Ali Larayedh qui a écopé de 42 ans de prison.
Les autres dirigeants d’Ennahdha Mustapha Khedher, Ridha Barouni, Tahar Boubehri, Amel Aïfi, Fethi Beldi, Abdelaziz Daghesni, Kamel Badaoui et Samir Hannachi, ont été condamnés à la perpétuité, assortie de longues années d’emprisonnement allant de 32 à 96 ans.
Selon le média La Presse, les mis en cause sont poursuivis pour “constitution et adhésion à une organisation terroriste, mise à disposition de compétences et d’expertises au profit d’une entité terroriste” et d’autres infractions prévues par la législation antiterroriste.
Poursuites en cascade contre le mouvement islamiste
Le mouvement Ennahdha a toujours rejeté les accusations. Ghannouchi a estimé pour sa part que le procès “manquait des conditions de justice les plus élémentaires”.
Depuis les dispositions prises par le président Kais Saied en juillet 2021, le mouvement proche des Frères musulmans est ciblé par plusieurs enquêtes, arrestations et condamnations.
Des opposants d’autres obédiences et des acteurs de la société civile sont également régulièrement poursuivis et condamnés.
Le 12 mai, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, deux journalistes critiques du président tunisien ont été condamnés en appel à trois ans et demi de prison ferme pour de présumées “malversations financières”.