
Après le Niger, le Burkina Faso. L’Algérie renoue progressivement avec les Etats du Sahel à travers la coopération économique, principalement les hydrocarbures et l’énergie.
Sur instruction du président de la République Abdelmadjid Tebboune, une importante délégation algérienne conduite par le ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, entame ce jeudi 12 février 2026 une visite de trois jours au Burkina Faso. Fin janvier, Mohamed Arkab avait séjourné au Niger où il a relancé les discussions sur des dossiers de coopération dans le domaine de l’exploitation des hydrocarbures et de la coopération énergétique.
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L’Algérie renoue avec les pays du Sahel via l’économie
Outre Mohamed Arkab, la délégation algérienne qui se rend à Ouagadougou comprend le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Ajal, le PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, le patron de Naftal Djamel Cherdoud, ainsi que plusieurs cadres du secteur, indique un communiqué du ministère des Hydrocarbures.
“Cette visite s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer les relations de coopération entre l’Algérie et le Burkina Faso, notamment dans les domaines de l’énergie, des mines et des hydrocarbures” et constitue une occasion d’élargir les perspectives de coopération commune et les moyens de la développer, et d’échanger les expériences et de transférer le savoir-faire algérien, ajoute la même source.
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La coopération escomptée avec le Burkina Faso contribuera à “soutenir les efforts visant à faire du secteur de l’énergie un pilier stratégique du développement économique et social durable du continent africain”, lit-on dans le communiqué.
Au programme de la visite, il est prévu une série de réunions avec des membres du gouvernement burkinabé, notamment le ministre de l’Énergie Yacouba Zabaré Gouba, et avec les dirigeants d’entreprises locales, notamment celles qui activent dans les domaines de l’énergie, des mines et de l’industrie.
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Les deux parties examineront les perspectives de coopération et les voies de renforcement des possibilités de partenariat et d’échanger des connaissances et des expériences, conclut le ministère des Hydrocarbures.
Cette visite survient deux semaines après celle effectuée par M. Arkab à Niamey où il a relancé avec les autorités locales d’importants projets énergétiques entre les deux pays.
Il s’agit notamment de l’exploitation conjointe par Sonatrach et la société pétrolière du Niger, Sonidep, du champ pétrolier de Kafra, découvert en 2018 dans le nord du pays, ainsi que la réalisation du gazoduc transsaharien TSGP devant acheminer le gaz du Nigeria jusqu’en Europe via le Niger et l’Algérie.
Après plusieurs mois de crise qui a éclaté début avril 2025 après la destruction par les Forces aériennes algériennes d’un drone militaire malien, la relation entre l’Algérie et le Niger est complètement revenue à la normale ce jeudi 12 février avec le retour de l’ambassadeur d’Algérie à son poste à Niamey, sur ordre du président de la République Abdelmadjid Tebboune.
La décision du chef de l’État survient après le retour de l’ambassadeur du Niger à Alger, également ce jeudi 12 février.
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont rappelé leurs ambassadeurs en Algérie en avril 2025, après l’affaire du drone malien abattu par l’ANP après avoir transgressé l’espace aérien algérien. L’Algérie a répliqué en rappelant ses ambassadeurs dans ces trois pays.
Contrecarrer les plans marocains et émiratis
Avec le réchauffement en cours des relations de l’Algérie avec le Niger et le Burkina Faso, les autorités maliennes, qui ont multiplié ces derniers mois les attaques contre l’Algérie, se retrouvent isolées. Samedi, le président Tebboune a révélé avoir invité son homologue nigérien à effectuer une visiter en Algérie, et a tendu une nouvelle fois la main au Mali.
L’Algérie reprend ainsi du terrain au Sahel en renouant avec le Niger et le Burkina Faso qui forment avec le Mali, l’Alliance des Etats du Sahel.
L’objectif consiste aussi à aider à ses pays pauvres à se développer, mais aussi à contrecarrer les manœuvres de certains pays comme le Maroc qui miroite aux pays du Sahel un projet utopique d’un accès routier vers l’Atlantique, et les Emirats arabes unis qui tentent d’accroître leur influence au Sahel et d’accentuer la déstabilisation de ces pays pour créer des foyens de tensions permanents aux frontières de l’Algérie.
Avec la reprise des relations diplomatiques avec le Niger, et des visites avec le Burkina Faso, le Mali qui joue un jeu malsain avec notamment les Emirats arabes unis, risque de se retrouver isolé.