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Arrivées massives de harragas : l’Espagne hausse le ton face à l’Algérie

Arrivées massives de harragas : l’Espagne hausse le ton face à l’Algérie

Chemsou / NEWPRESS

Le ministre de l’Intérieur espagnol, Juan Ignacio Zoido, demande à l’Algérie de renforcer les contrôles frontaliers sur ses côtes pour freiner les arrivées de migrants illégaux. D’après plusieurs médias espagnols, il doit rencontrer cette semaine l’ambassadrice d’Algérie en Espagne, Taous Feroukhi pour évoquer le sujet.

Selon le journal El Mundo, Juan Ignacio Zoido souhaite que les autorités algériennes, « qui coopèrent efficacement avec l’Espagne », renforcent leurs contrôles frontaliers sur leurs côtes afin d’éviter des tragédies humaines comme celles qui ont eu lieu ces derniers jours.

En seulement 24 heures, 500 migrants illégaux ont été sauvés par les autorités espagnoles alors qu’ils tentaient de rejoindre la péninsule ibérique, a indiqué samedi 18 novembre l’agence Associated Press.

Il s’agit d’une «crise migratoire», d’une «grave crise humanitaire causée par l’arrivée de bateaux d’immigrés clandestins» et «orchestrée par des mafias spécialisées dans le trafic d’êtres humains», estime Francisco Bernabé, représentant du gouvernement à Murcia, cité par El Mundo.

Entre le 26 octobre et le 3 novembre, 600 autres Algériens sont arrivés à Almería et à Murcia, selon des sources consultées par ABC. Si le média espagnol attribue ces arrivées massives d’embarcations de fortune au beau temps et à une mer calme, il estime également que « ces chiffres signifient que le pays nord-africain ne contrôle pas les sorties de pateras ».

« L’Algérie ne surveille pas ses côtes car elle considère que ses citoyens n’ont aucune raison de quitter le pays par une voie non légale en raison de la richesse pétrolière. C’est une façon d’ignorer le problème, mais nous savons que beaucoup sortent du territoire », résument des sources espagnoles interrogées par ABC.

Pour ne pas reconnaître cette fuite de citoyens, ajoute le quotidien espagnol, les consulats algériens d’Alicante et de Barcelone enregistrent rarement leurs ressortissants. Résultat : sans identification, ils ne peuvent être expulsés.

Quand les harragas peuvent être identifiés, leur expulsion engendre d’autres difficultés, indique ABC. En effet, l’accord signé avec l’Algérie autorise seulement le rapatriement par bateau et non par avion. Mais les places disponibles dans les ferrys vers l’Algérie sont rares (de 15 à 20 personnes par bateau encadrées par la police nationale dans une zone spéciale).

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